Archive annuelle 2018

Les festivaliers aussi victimes de la prohibition

festivalLe weekend dernier en Australie, un jeune homme est décédé et plusieurs autres personnes ont été hospitalisées après avoir fait une overdose. Ils participaient tous à l’un des plus grands festivals de musique électronique de l’hémisphère sud.

Face à cette situation, Gladys Berejiklian, première ministre de la région où se déroule l’événement, a déclaré que son gouvernement restait opposé au testing de produits psychotropes. Elle prétexte en effet que “nous savons que le testing ne fonctionnera pas, car il donnera le feu vert aux personnes qui veulent prendre des substances qui pourraient encore les tuer”.

Pourtant, l’idée inverse commence à faire son chemin en Angleterre. L’été dernier, la présence d’un stand de testing au festival Secret Garden Party de Cambridgeshire a permis de réduire de 95 % le nombre d’hospitalisations liées à la prise de stupéfiants.

Très loin d’encourager la consommation, les organisateurs ont constaté que le testing permettait aux festivaliers de décider de ne pas consommer si la qualité de leur produit n’était pas celle attendue. Ainsi, deux tiers des personnes trompées sur la marchandise ont remis leur substance à la police.

Le fait d’être conscient de ce qu’ils consomment incite aussi les festivaliers à transmettre les résultats des tests ainsi que les conseils de réduction des risques reçus au stand de l’association à ceux qui les accompagnent et sur les réseaux sociaux.

En Belgique, un tel service est proposé dans certains festivals par Modus Vivendi ASBL, mais de nombreux organisateurs restent réticents à l’idée de se positionner contre les autorités locales, qui constituent une source importante de subsides. Une fois de plus, c’est au niveau politique qu’un changement de mentalité doit se faire pour garantir la santé et la sécurité de plusieurs centaines de consommateurs, aussi bien en Belgique que partout ailleurs.

 

ParInfor-Drogues

Infor-Drogues vous invite à son apéroréseau !

aperoreseaux 2018Le 15 novembre prochain, Infor-Drogues accueillera le dernier apéroréseau de la saison 2018. Nous vous y attendons dès 17 h 30 et vous proposerons pour l’occasion une séance d’information sur le CBD, ce cannabinoïde devenu ultra-populaire en 2018, mais qui pose encore de nombreuses questions, notamment par rapport à sa légalité, sa commercialisation et ses effets.

Organisés par la FEDITO BXL, les apéroréseaux sont l’occasion pour les nombreuses associations du secteur bruxellois de la toxicomanie de se rencontrer et d’échanger sur leurs différents projets dans une ambiance conviviale et informelle. Prévention, réduction des risques, accueil à bas seuil, hébergement, soins… Dans la capitale, le monde des services spécialisés dans le domaine social-santé est vaste et varié, nous n’avons donc pas toujours la possibilité de nous rencontrer dans des circonstances plus détendues. Ces événements sont l’occasion d’entretenir et de consolider les liens avec des partenaires, mais aussi d’en rencontrer de nouveaux.

A l’origine de ces rencontres, la FEDITO BXL (Fédération Bruxelloise des Institutions pour Toxicomanes) rassemble 27 institutions actives dans le secteur de la toxicomanie à Bruxelles, aussi bien au niveau de l’information, de la prévention, de la réduction des risques, des soins, de l’épidémiologie, etc. Son statut de coordinatrice permet à cette ASBL de donner une visibilité aux missions et aux messages que le secteur souhaite mettre en avant auprès des pouvoirs publics et des médias, avec pour objectif de mettre le phénomène complexe de la toxicomanie au centre des préoccupations.

Les membres d’Infor-Drogues et de la FEDITO BXL vous souhaitent donc la bienvenue et espèrent vous voir nombreux dans nos locaux, rue du Marteau 19, 1000 Bruxelles, jeudi prochain dès 17 h 30.

Pour plus d’informations et/ou confirmer votre participation : 02 227 52 60 ou courrier@infordrogues.be

ParInfor-Drogues

[Sondage] Quand le CYBER pose question

NTIC réseaux sociaux Vous êtes professionnel du monde scolaire ou extra-scolaire à Bruxelles ? Votre avis nous intéresse. Merci de remplir ce sondage. Max 3 minutes.

Aujourd’hui, l’usage des nouvelles technologies pose de nombreuses questions au sein des structures scolaires et extra-scolaires.

Comment gérer l’utilisation du smartphone au sein des écoles ?  Comment composer avec les réseaux sociaux qui impactent les relations entre les jeunes, mais également entre les professionnels et les jeunes ? …

Peut-être, êtes-vous aussi confronté à ces interrogations sans savoir par où commencer.

Le groupe de travail CYBER*, du Point d’Appui aux écoles secondaires, réunit plusieurs intervenants  du secteur de la Promotion de la Santé, de la prévention des assuétudes et les services communaux prévention du décrochage scolaire à Bruxelles.  Ce groupe souhaite développer des actions et des projets en phase avec vos réalités de terrain : animations auprès des jeunes, mise à disposition d’outils pédagogiques, formation des professionnels en contact avec les jeunes, conférences et ateliers autour des bonnes pratiques…

C’est pourquoi nous vous demandons de prendre 5 minutes de votre temps afin de répondre aux quelques questions de ce sondage.

Pour y répondre, cliquez ici.

Si vous le jugez pertinent, n’hésitez pas à transférer ce questionnaire aux personnes de votre institution.

En laissant vos coordonnées en fin de questionnaire, vous serez informé des suites éventuelles mises en place par le  groupe de travail CYBER.

Pour toute information ou précision sur cette initiative, veuillez contacter le Centre Bruxellois de Promotion de la Santé (CBPS) ou le FARES : info@cbps.be ou prevention.tabac@fares.be

Nous vous remercions d’avance pour votre collaboration,

Le groupe de travail CYBER

*Le CBPS, le FARES, Infor Drogues, le Pélican, Prospective Jeunesse, Question Santé, le service Prévention d’Anderlecht et les services communaux de Prévention du décrochage scolaire d’Anderlecht, de Jette, de Saint-Gilles, de Schaerbeek et de Uccle.

ParInfor-Drogues

Forum “Addiction & Société”

Rendez-vous à « Addiction & Société », un nouveau forum européen et transdisciplinaire sur les addictions

Les 16 et 17 octobre prochains aura lieu, au centre Flagey la première édition du Forum “Addiction et Société“. Cet événement, initié par l’asbl Epsylon et à l’envergure européenne, réunira un grand nombre de professionnels et d’experts du domaine de la dépendance, qui n’ont pas nécessairement l’habitude de se rencontrer. Médecins, psychiatres, travailleurs sociaux, scientifiques, infirmiers, pharmaciens, enseignants, acteurs associatifs et bien d’autres auront ainsi l’occasion d’échanger et de penser ensemble à une approche transdisciplinaire du secteur des addictions.

Une démarche nécessaire, alors que les comportements addictifs sont de plus en plus nombreux dans notre société. De l’usage récréatif à la dépendance, des produits licites aux substances illicites, avec produit (médicaments, alcool, drogues, tabac, etc.) ou sans produit (réseaux sociaux, écrans, jeux, troubles affectifs, etc.), de nombreux comportements seront abordés pendant ces deux jours de réflexion et de débats, animés par des spécialistes belges et internationaux.

Pour cette première édition, le Forum développe plusieurs objectifs :

  • Réunir un grand nombre de participants, aussi bien professionnels que citoyens, afin de toucher le plus de personnes possible et d’avoir des discussions intéressantes et nourries de nombreux avis ;
  • Mobiliser, sensibiliser et informer les professionnels du terrain qui sont susceptibles de rencontrer des personnes dépendantes : enseignants, travailleurs sociaux, personnel de soins de santé (médecins généralistes et spécialistes, pharmaciens, addictologues, infirmiers, psychologues, etc.), acteurs associatifs, sportifs et culturels, etc. ;
  • Proposer un accompagnement et un soutien aux familles, amis, collègues et autres personnes proches ;
  • Attirer l’attention des responsables politiques et les inciter à prendre des engagements vis-à-vis des questions relatives aux addictions.

Au cours de ces deux journées, vous aurez le choix de participer, sur inscription et selon vos envies, à 27 conférences, 20 workshops et 4 lunchs-débats. Un spectacle le 15 octobre et une conférence le 16 seront quant à eux accessibles au grand public. L’équipe d’Infor-Drogues sera heureuse de vous retrouver pour ce grand événement de sensibilisation, de réflexion et de dialogue.

Information, programme et réservation : www.addictionetsociete.com/programme-inscription

ParInfor-Drogues

Une première boutique de CBD a ouvert à Bruxelles !

Ixelles street shopOn vous en parlait déjà il y a quelques mois, le cannabidiol (dit CBD), une des molécules présente dans le cannabis, bénéficierait d’un vide juridique qui lui permettrait de ne pas être considéré comme illégal en Belgique. Depuis quelques jours, cette zone de flou permet une application un peu plus concrète. Une filiale de l’enseigne française Street Shop, spécialisée en vente de produits au CBD, a en effet ouvert ses portes ce lundi dans notre capitale.

En France, des centaines de boutiques de ce genre ont ouvert en quelques mois un peu partout, avec chaque fois le même engouement, au grand dam du Ministère de la santé [1]. A l’origine de ce qui ressemble aujourd’hui à un succès, il y a d’abord un coup de poker : tout miser sur une réglementation européenne autorisant la vente de chanvre contenant moins de 0,2 % de THC. En effet, c’est cette molécule psychotrope qui donne au cannabis son caractère illégal. C’est donc sur cette règle, commune à tous les pays de l’Union Européenne, que se base aujourd’hui le gérant du magasin bruxellois pour s’implanter chez nous.

En vitrine, des fleurs, de la résine, des huiles, des liquides pour cigarettes électroniques, des baumes et bien d’autres produits, tous presque totalement dépourvus de THC et donc de l’effet stupéfiant qui accompagne le cannabis classique. Les consommateurs pourront, à des degrés divers en fonction des individus, compter sur le côté calmant, antidouleur, antistress et/ou antidépressif du CBD. Ici, tous les produits sont importés de Suisse, où leur vente est totalement légale et réglementée par l’État. Des tests y sont effectués pour s’assurer que le seuil de 0,2 % de THC n’est pas dépassé, avant de transiter par la France puis d’arriver chez nous.

Campant bien fermement sur les bases de notre politique prohibitionniste ancestrale, la Ministre de la Santé Maggie De Block n’a évidemment pas tardé à rappeler que « la vente, la culture et la production de cannabis ainsi que de produits dérivés sont interdites par la loi et les infractions sont punissables » [2]. Dans la foulée, une enquête a été ouverte par l’agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS). Cette dernière a cependant déclaré que « Le CBD et le chanvre […] ne tombent pas sous l’arrêté royal du 6 septembre 2017 réglementant les substances stupéfiantes et psychotropes » [3].

Si cette annonce confirme pour l’instant la légalité théorique du CBD, son statut est actuellement étudié et pourrait bien changer dans le futur. Et vu la politique totalement répressive du gouvernement actuel, il ne serait pas étonnant – bien que selon nous insensé – que le CBD devienne à son tour complètement interdit. En attendant qu’une décision soit prise, l’espoir est malgré tout permis, et les amateurs de « cannabis light » peuvent aller se fournir librement en plein cœur de Bruxelles.

Mise à jour du 14/09/2018 : d’autres boutiques ont depuis lors fait leur apparition dans plusieurs endroits du pays. Côté francophone, il est possible de trouver des magasins vendant du CBD sous diverses formes à Namur, Mont-sur-Marchienne et La Louvière. De nombreux commerces dédiés au vapotage proposent également des liquides pour cigarettes électroniques contenant de cannabidiol.

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