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Euro 2024 : explosion annoncée des paris sportifs

Euro football 2024 paris sportifs jeux d'argent addictionL’attente de tous les fans de football est enfin arrivée à son terme ! Le coup d’envoi de l’Euro 2024 est donné ce vendredi 14 juin en Allemagne, et sur les chaînes télévisées de tout le continent. Pendant un mois, le ballon rond se retrouve au centre de nombre de préoccupations et, avec lui, une pratique grandissante et intimement liée au monde du sport : les jeux d’argent, avec les paris sportifs en tête de gondole.

Le Conseil Supérieur de la Santé rappelle à l’occasion que « lors de la dernière Coupe du monde de football en 2022, le nombre de joueurs sur les sites de jeux d’argent en ligne a doublé par rapport à ce qu’il était avant l’évènement. »[1] Pas étonnant que ces différents sites continuent à investir autant dans les clubs et compétitions footballistiques.

Mais au fond, pourquoi joue-t-on ?

Si la pratique peut créer des soucis financiers, relationnels, professionnels, etc., et si certaines personnes vont même jusqu’à s’exclure volontairement des sites et salles de jeux d’argent[2], pourquoi reste-t-elle si nécessaire pour de nombreux individus ? À quel(s), besoin(s) essentiel(s) répond-t-elle ? Elle peut être un moyen de sociabiliser (vu sa grande popularité notamment dans les plus jeunes groupes), de se sentir valorisé (on a très vite le sentiment de « gagner », voire même d’avoir le contrôle), d’avoir une meilleure estime de soi, etc.

Or, tous ces besoins-là sont super importants ! Infor Drogues & Addictions rappelle qu’une dépendance peut exister sans consommation de produit, comme c’est le cas des jeux d’argent. On est dépendant quand on n’a qu’une seule façon de satisfaire un besoin essentiel dans un contexte donné.

Dès lors, la question qu’il convient de poser est la suivante : comment aider les joueurs et joueuses à répondre à ces besoins autrement que par les paris sportifs ou autres jeux de hasard ? Ou, pour l’écrire différemment, comment les aider à retrouver du contrôle ?

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[1] https://www.hgr-css.be/fr/avis/9790/publicite-pour-jeux-de-hasard

[2] Depuis le lancement de ce système en 2004, déjà 50.000 exclusions volontaires ont été enregistrées : https://www.gamingcommission.be/fr/protection-des-joueurs/demande-volontaire

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De quoi les produits stimulants à inhaler sont-ils le signe ?

sniff incitation cocaïne infor drogues addictions sniffyUn commerçant habile lance sur le marché une poudre blanche qui a les mêmes ingrédients et les mêmes effets que les boissons stimulantes. Le succès est au rendez-vous car ce produit bénéficie d’une campagne promotionnelle hors du commun et totalement gratuite. En cause, le mode de consommation de cette poudre : elle s’inhale par le nez. Oui, comme un célèbre produit interdit. La polémique créée profite bien évidemment, c’était probablement voulu, à l’industriel qui se frotte les mains : en quelques jours tout le monde connait son nouveau stimulant !

La question de fond : est-ce que ce produit va inciter à la consommation de cocaïne ? Avant de répondre à cette question, il est bon de rappeler pourquoi certaines personnes en consomment. La cocaïne est un stimulant, il permet d’augmenter la vigilance, les performances, la confiance en soi. Elle peut aussi avoir des effets sur les angoisses, etc. Ce sont ces effets qui expliquent sa grande prévalence de consommation, notamment en milieu de travail ou dans des cadres festifs. Plus largement, dans une société où la compétition et la performance sont demandées en permanence au travail, mais aussi dans nos loisirs, dans nos relations, comment s’étonner du succès de ce produit ? De plus, l’interdiction et l’omniprésence de la coke dans les récits médiatiques (films, informations, séries, documentaires…) produisent une fascination qui crée une image de produit surpuissant. Cette image va jouer un rôle d’incitateur pour de nombreuses personnes et c’est bien cette image que cherche à utiliser le fabriquant du produit légal à inhaler. À travers son image, c’est la cocaïne qui va inciter à consommer en sniff. C’est-à-dire que ce mode de consommation est en soi devenu incitateur pour certaines personnes. Les publicitaires ne s’y trompent d’ailleurs pas, eux qui vantent le sniff depuis plus de vingt ans[1].

Mais l’inverse est-il vrai ? L’existence de ce produit énergisant légal va-t-il doper l’envie de consommer de la coke ? Au fond, ne s’agit-il pas de la fameuse théorie de l’escalade de la consommation de produits ? Rappelons que cette idée n’a jamais été démontrée[2]. En effet, cela signifierait que fumer du tabac inciterait à la consommation de joints, boire une bière à celle de whisky, etc.  Par contre, comme nous l’entendons partout, si c’est le geste du sniff qui est important pour le consommateur (ce geste pouvant signifier pour lui identification aux héros de séries, élévation dans la hiérarchie sociale, etc.) alors autoriser un produit de qualité, n’est-il pas une bonne mesure de santé publique ? En effet, rien ne dit que la consommation de l’un induira la consommation de l’autre. Et, en tant que telle, la pratique du sniff est-elle problématique ?

Interdire un produit sans offrir une alternative condamne le public à consommer des produits illégaux, de moins bonne qualité et plus chers. Infor Drogues & Addictions ne peut que déplorer, une fois de plus, tous les effets négatifs de ce type de politique recensés depuis plus d’un siècle[3]. Plutôt que de dépenser beaucoup d’énergie à interdire un nouveau produit, ce qui va encore augmenter, pour certains[4],  l’envie d’en consommer, ne devrait-on pas tenter de répondre aux questions suivantes : pourquoi est-ce si important de stimuler ses performances ? Serait-ce possible de réduire ce besoin ? Comment ? Pourquoi est-ce si populaire d’imiter des comportements interdits ?

La question de la consommation de psychotropes (légaux et illégaux) doit s’aborder sous l’angle de l’éducation, de la prévention et de l’accompagnement. Non de la répression.

­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­Contact pour ce dossier : Antoine Boucher 02 227 52 65 / 0493 17 96 36

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[1] Par exemple en 2000 : http://www.culturepub.fr/videos/seamply-com-sel-de-mer/. Voir aussi la dénonciation publique d’Infor-Drogues en 2002 : Incitation publique à la consommation de cocaïne.

[2] Voir, à ce propos, notre document « on commence par un joint, on finit à l’héroïne ? »

[3] Pour les arguments, voir par exemple le site de la campagne stop1921.

[4] Voir, à ce propos, notre document « Parler des drogues, ça peut donner envie ? »

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[Republication] Incitation publique à la consommation de cocaïne

incitation cocaïne publicité boisson énergisante à inhaler par le nez

Republication d’un communiqué de décembre 2002.

Une publicité pour une boisson énergisante, actuellement exposée dans les abribus bruxellois, se réfère très explicitement à un «sniff» de cocaïne. Le caractère provocant de cette image s’insère dans un contexte publicitaire qui n’a de cesse de repousser toujours un peu plus loin les limites de l’acceptable. Mais comment combattre ce type de message, constituant un réel danger en termes de santé publique et en termes pédagogiques, sans faire le jeu des publicitaires en en parlant tant et plus? Il suffit à ce propos de se rappeler les innombrables débats autour des pubs Benetton. Alors que faire?

Que fait la police?

Tout d’abord, ces images constituent, par leur code, par leur multiplication aux endroits stratégiques de la ville, par leur message, une véritable incitation publique à la «défonce». La coke est ainsi présentée comme LA référence en matière de substance énergisante. Une telle incitation est pourtant interdite clairement par la loi sur les stupéfiants. Alors que fait la police? D’autant que ce motif valut à certains de solides ennuis pour bien moins que ça. Ainsi, par exemple, la vente de «pipes à cannabis» a parfois été jugée comme incitative. Notons aussi que la consommation de cocaïne connaît depuis quelques années une augmentation importante et nous doutons que ce type de messages puisse enrayer cette évolution…

Que fait la pub?

Plus fondamentalement, la pub se doit de propager des messages qui «frappent», qui «font parler d’eux», qui font «l’actualité» et cela par n’importe quels moyens, on l’a vu. Les appels à l’incivisme, à la violence sexuelle, au nationalisme primaire, au mépris du lien social, s’étalent complaisamment sous nos yeux dans une parfaite indifférence.

Pourtant ces messages sont très loin d’être sans effets. Ils créent et entretiennent une importante confusion (voire inversion) des valeurs, ce qui est particulièrement sensible en ce qui concerne les jeunes en train de construire leur identité. D’autant que ces publicités très provocantes s’adressent à eux en priorité!

Mais, au fond, quel est le but que les publicitaires recherchent en augmentant ainsi la confusion des valeurs? Par la perte de points de repères fondamentaux (permis ou non, dangereux ou non, éthique ou non…) l’individu est laissé démuni face à l’idéologie du tout-marchand. Le but ultime est pourtant transparent, mais nous ne savons plus le lire: nous rendre pareils à ce jeune couché par terre devant son produit, faire en sorte que nos préoccupations se concentrent sur notre consommation, nous rendre dépendants de la consommation en général comme le toxicomane de sa drogue. Infor-Drogues se doit de constater, à cet égard, la multiplication des phénomènes de dépendances (jeu, travail, sexe, TV…).

Que fait le politique?

Bien sûr, heureusement, la publicité n’est pas le seul facteur qui influence nos comportements. Il n’en reste pas moins que les effets d’un tel matraquage (2500 impacts par personne et par jour – tous types de réclames confondus – dans les pays développés) sont loin d’être négligeables. Face à cette violence, est-on condamné à attendre les prochaines outrances publicitaires, déjà mises en œuvre dans les pays plus «avancés»?

Doit-on se contenter d’avaler ce qui s’affiche partout et sur tous les tons, sous l’argument qu’il s’agirait toujours de subtils «clins d’œil», où seuls des esprits indécrottablement chagrins refusent d’apercevoir le «vrai message», porté au sommet de l’intelligence créative par la pétillante innocence du «second degré»? Ceux qui tiennent l’humour et la liberté d’expression en grande estime seraient-ils sommés de ne jamais pouvoir montrer du doigt le cynisme, le mépris, la manipulation? Bref, pour la majorité des esprits critiques, n’y a-t-il rien d’autre à faire que de continuer à laisser la responsabilité et le contrôle des messages au seul secteur publicitaire? Pour Infor-Drogues (et sûrement beaucoup d’autres) il est urgent de se poser la question.

Pour tous renseignements concernant ce dossier : Antoine Boucher, 02 227 52 60.

ParInfor Drogues & Addictions

Fouiller les élèves, une pratique néfaste

Les fouilles anti-drogue dans les école sont problèmatiquesCommuniqué de presse de la Cellule de Réflexion Ecole-Police du 15 mars 2024

La presse a largement fait écho à la descente de police effectuée ce lundi 11 mars à l’école spécialisée Les Forges de Ciney. Une vingtaine de policiers ont contrôlé l’ensemble des élèves avec des chiens-drogues de la police fédérale. Les chiens ont marqué l’arrêt devant dix élèves, mais aucune drogue n’a été découverte. L’école aurait-elle pu faire différemment et moins violent vis-à-vis de ses élèves ?

 

Deux cents élèves mis en rang, reniflés tour à tour par des chiens, leurs affaires inspectées, les suspects mis à l’écart et interrogés. Un déploiement policier digne d’une opération contre le grand banditisme ! Des fouilles collectives comme celles-ci sont pourtant contraire à la loi sur la fonction de police, selon les institutions actives en prévention. En effet, un policier ne peut fouiller une personne que s’il a des indices sérieux que cette personne précise a commis un délit, telle que la détention drogue. Ces indices doivent exister avant la fouille. Ce n’était de toute évidence pas le cas ici, où on peut difficilement imaginer que CHAQUE élève présentait de tels indices. Nous rappelons qu’aucune quantité de drogue n’a été découverte lundi dernier.

Une pratique anxiogène et problématique

Alors qu’est-ce qui a bien pu pousser l’école à faire appel aux forces de l’ordre pour fouiller tous les élèves et en stigmatiser dix « positifs » ? Son projet éducatif émet pourtant le souhait que « chaque élève puisse exprimer ses fragilités » pour que « leurs blocages et difficultés s’estompent grâce à une pédagogie de la réussite ». Loin de ces objectifs bienveillants, ce type d’opération violente laisse systématiquement des traces auprès des élèves. En effet, Infor Drogues & Addictions reçoit régulièrement des témoignages de parents faisant état de la détresse de leur enfant suite à une de ces interventions. Cela risque d’être d’autant plus vrai avec des élèves en situation de handicap (autisme, handicap mental léger à modéré, trouble du comportement et de l’apprentissage) et donc particulièrement fragiles. Cette opération aura probablement encore d’autres conséquences : diviser l’équipe éducative et impacter la confiance entre les enfants et leur école.

De nombreux effets négatifs pour une problématique très limitée :« une détention de drogue par un élève, il y a quelques mois » rapporte le commissaire responsable de l’opération, qui précise que cet élève avait déjà été exclu. Pour les intervenants spécialisés en prévention, la médiatisation de ces opérations a souvent pour but de redorer l’image de l’école. « Je trouve ça très problématique qu’une école se donne une bonne image au détriment du bien-être et de la sécurité de ses propres élèves » témoigne un intervenant d’Infor Drogues & Addictions.

D’autres solutions sont possibles

« Les directions d’écoles se sentent souvent impuissantes face aux situations de consommations », nous rapportent les spécialistes en prévention. « Dans notre expérience, elles ont tendance soit à fermer les yeux, soit à faire appel à la police. Ces deux réactions sont problématiques car elles mettent à mal les élèves. Nous proposons des accompagnements qui rendent leurs compétences éducatives aux enseignants et éducateurs. Cela leur permet d’agir de manière adéquate en fonction de différentes situations qu’ils sont amené à rencontrer. En effet, ne nous voilons pas la face, les consommations de drogues sont une réalité dans l’ensemble de la société ».

La consommation de drogue génère beaucoup d’inquiétude, en particulier lorsqu’elle concerne les jeunes. Cependant mélanger le rôle de la police et celui de l’école fait souvent plus de mal que de bien. Amener une école à agir en fonction de l’intérêt de l’élève, même quand il consomme une drogue, est un processus long mais nécessaire. C’est celui auquel s’attèlent les services spécialisés en prévention.

 

Contact pour ce dossier : Antoine Boucher, 02/227.52.65 / 0493 /17.96.36

Signataires : Infor Drogues & Addictions, La Fédération des Parents et des Associations de Parents de l’Enseignement Officiel (FAPEO), La Liaison Antiprohibitioniste et Prospective Jeunesse

Pour plus d’informations, consultez nos brochures en lien avec les opérations policières dans les écoles :

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Les addictions changent, Infor Drogues s’adapte

Les addictions changent, Infor-Drogues devient Infor Drogues et AddictionsInfor-Drogues devient Infor Drogues & Addictions. Qu’indique ce changement de patronyme ?

Aujourd’hui, les consommations de drogues existent toujours mais d’autres comportements se sont développés et méritent tout autant notre attention : les comportements appelés couramment addictions. Il s’agit de dépendance sans consommation de produit(s) : par exemple aux jeux video ou d’argent, au sport ou au shopping, mais aussi parfois des comportements très banalisés comme nettoyer le sol de sa maison, travailler beaucoup, se maquiller ou… tricoter. Il n’y a donc pas forcément de forte nocivité à une addiction.

Que se passe-t-il dans la société belge ?

Le fait est que ces comportements se développent. Au point qu’ils sont de plus en plus reconnus et pris en compte par les institutions de notre secteur, anciennement réservé aux « toxicomanes ». Ainsi, le nom de la fédération des institutions bruxelloise est passée de FEDITO à FEDA, Fédération des institutions en matière de Drogues & Addictions. Le changement est considérable : de l’exception, du marginal, le travail s’élargit à tous les publics. En effet, nombreux sont ceux qui ont été en difficulté passagère avec leur désir de suspendre une consommation ou d’arrêter un comportement devenu un peu trop envahissant. Bien que les données empiriques manquent, chacun a entendu parler de « comportement d’addiction » ou connait quelqu’un qui a ce type de « problème ».

Des cliniques spécialisées dans le traitement de ces comportements (addict au sexe, joueur pathologique, troubles liés à internet, etc.) fleurissent et doivent rapidement allonger leur file d’attente. En adaptant sa dénomination, l’asbl Infor Drogues & Addictions signale qu’elle répond à ces questions et propose ses services aux personnes qui en ont besoin. Les appels téléphoniques à « Infor-Drogues » concernant les addictions étaient peu présents car l’identification de l’un à l’autre manquait. De même, les professionnels faisant appel à notre service de prévention ne dévoilaient les problématiques d’addictions que dans un second temps, une fois le travail sur les consommations de drogues ou d’alcool entamé.

Comment Infor Drogues s’est-il adapté ?

Créé en 1971 par plusieurs organisations de la société civile (Infor-Jeunes, la Ligue des Familles, le Centre de planning de l’ULB, le Centre anti-poisons, etc.) Infor-Drogues a proposé une autre approche de la consommation de drogues. Il s’est agi de mettre la parole et le vécu des personnes concernées au centre plutôt que de les traiter comme des criminels ou comme des malades. Constatant les similitudes entre les produits légaux (alcool, tabac, médicaments) et illégaux, l’association répond à tous les consommateurs de psychotropes. L’approche s’est toujours voulue généraliste en s’adressant au plus grand nombre à travers nos trois services qui représentent des élargissements successifs du public : le service d’écoute et de consultation reçoit les consommateurs et leurs proches ; le service prévention travaille avec le milieu professionnel (écoles, centres d’hébergement, etc.) et le service communication s’adresse au grand public.

Le lien entre drogues et addictions ? Des réponses aux mêmes besoins

La question du ou des ressorts de l’addiction, avec ou sans drogues, restent largement méconnus dans le grand public. Les rendre accessibles à tout un chacun est la mission d’Infor Drogues & Addictions. Ces ressorts, ce sont les besoins remplis par les drogues et par les addictions : pour comprendre les comportements, il faut comprendre les besoins qui les motivent.
Chez Infor Drogues & Addictions, la définition de l’addiction (avec ou sans produit) est importante pour aider à la compréhension de ce qui se joue. Être « addict », ce n’est pas être pris par un produit ou un comportement mais n’avoir qu’une seule façon de satisfaire un besoin essentiel dans un contexte donné . Primo, cette définition insiste sur le fait que le comportement en question (ou le fait de consommer une drogue) satisfait un besoin et qu’il est la seule manière que la personne a trouvé pour le satisfaire. Secundo, ce besoin est lié à un contexte, c’est-à-dire à des relations humaines. Le travail peut alors commencer sur ces deux dimensions.

Le développement des addictions, un enjeu commercial

Comment gérer l’émotion d’un deuil ? devenir adulte ? prendre la parole en groupe ? déclarer sa flamme ? etc. De tels besoins sont un peu, beaucoup ou passionnément difficiles… selon les ressources de chacun. Le fait est que l’isolement social et la fragilisation des rapports sociaux rendent l’atteinte de ces besoins plus difficiles et donc favorisent le recours à une aide extérieure pour y parvenir. Cette aide extérieure n’étant plus sociale, elle est commerciale, monétarisée. Parallèlement à ce mouvement d’individualisation, les messages publicitaires de plus en plus présents vantent leurs produits comme réponses à nos besoins tout en normalisant et valorisant les comportements impulsifs totalement désinhibés.
Il n’est pas impossible que la conjonction de ces deux éléments soit de nature à une augmentation des comportements d’addictions.

Trois affiches de prévention, trois publics, trois motivations

En créant ses nouvelles affiches de prévention, Infor Drogues & Addictions, a voulu mettre en avant des situations relativement courantes : un adolescent qui rencontre un échec scolaire, voire une relégation ; des adultes aux prises avec des achats peu contrôlés et enfin des personnes âgées qui consomment du tabac. L’idée est de déstigmatiser en montrant que tous les âges et tous les publics sont susceptibles d’être accro à un comportement. Les besoins auxquels vont répondre ces addictions sont soit identitaire (« J’ai besoin d’être valorisé, d’avoir une identité positive »), soit de gestion d’émotions (« Je dois me détendre, évacuer le stress,… ») ou le besoin de relations sociales (« Je fume pour avoir des liens »). Ce sont des besoins essentiels mais souvent inconscients, c’est-à-dire pas exprimés.

A travers cette campagne d’affiches, IDA s’adresse au grand public pour faire passer le message que les comportements de consommations de drogues ou d’addictions répondent TOUJOURS à un besoin. La volonté de l’association est que tout un chacun puisse donner du sens à un comportement généralement présenté comme insensé.

Besoin du produit ou produit qui comble un besoin ?

Comme les affiches le montrent, les motivations aux addictions sont fréquentes et, probablement, existeront toujours. Il ne s’agit donc pas de lutter contre de tels comportements (en les interdisant par exemple) mais de rendre conscient les motivations, les besoins qui les sous-tendent. Il faut dissocier le comportement du besoin sinon ils sont amalgamés. Tant que ce ou ces besoins resteront inconscient(s), la personne sera « prise », elle dira : « j’ai besoin de fumer, d’acheter ou de jouer au jeu video ». L’objectif de la campagne d’affiche est d’abord de poser l’hypothèse d’un besoin derrière le comportement.

Et après ?

Pour notre association le remède aux addictions, ce sont les RELATIONS. Dans notre société, il y a donc un changement de paradigme à effectuer pour aborder la thématique, aider les personnes en difficultés et prévenir ces comportements. Infor Drogues & Addictions souhaite que ces questions, au vu de leur importance dans l’ensemble de la population, soient l’objet d’un vrai et large débat démocratique. La santé, le social, l’éducation, mais aussi l’économie et donc la pollution sont concernés par nos manières de répondre à nos besoins essentiels.

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