FAQ

Questions fréquentes à propos d’Infor-Drogues

 

Travaillez-vous avec des bénévoles ?

Non. Les travailleurs d’Infor-Drogues sont tous des professionnels sous contrat. Les savoirs et compétences des travailleurs garantissent la qualité du travail.

Peut-on faire une cure de désintoxication à Infor-Drogues ?

Non. Infor-Drogues est un service de consultation psychologique et sociale. Les cures avec hébergement ne s’y font donc pas. Par contre, nous accompagnons les personnes avant et après une cure de désintoxication à l’hôpital ou en centre de traitement résidentiel. Un soutien aux proches peut également être réalisé en parallèle de la cure.

Enfin, nous pouvons prendre en charge les personnes suivant une cure de désintoxication ou en traitement de substitution auprès d’un médecin.

Pour plus de renseignements concernant les lieux résidentiels et hospitaliers de cure, n’hésitez pas à consulter notre site à la rubrique Aide, Coordonnées utiles. Un contact avec la permanence téléphonique ou électronique peut également être pris pour de plus amples informations.

Peut-on obtenir une prescription de méthadone ou de subutex à Infor-Drogues ?

Non. Il n’y a pas de médecin dans notre équipe. Dès lors, nous ne sommes pas en mesure de prescrire un traitement de substitution ou tout autre médicament.

Néanmoins, la permanence téléphonique peut vous orienter vers un service médical ou un médecin compétent.

Par contre, nous pouvons soutenir les personnes en traitement méthadone ou subutex, ainsi que leurs proches si cela s’avère nécessaire.

Peut-on louer un livre ou une cassette vidéo à la bibliothèque d’Infor-Drogues ?

Oui. Notre service de documentation est ouvert à toute personne cherchant des renseignements sur les usages de drogues. Plus de 2000 documents s’y trouvent à votre disposition (livres, articles de presse, cassettes vidéo, mémoires, CD rom, données statistiques…).

Qui peut s’adresser à la permanence téléphonique ou électronique ?
Les permanences sont accessibles à toute personne qui cherche une réponse à ses interrogations ou qui cherche de l’aide.

Que vous soyez jeune, adulte, consommateur, parent ou proche, étudiant, professionnel, journaliste…, n’hésitez pas.

Ne faites-vous que répondre au téléphone ?

Non, il est aussi possible d’obtenir un rendez-vous avec un travailleur d’Infor-Drogues. Pour ce faire, il suffit de nous joindre à la permanence téléphonique (02/227.52.52) du lundi au vendredi entre 8h et 22h, et le samedi, de 10h à 14h.

Les motifs d’une consultation de votre part peuvent être multiples. En fonction de votre demande, vous serez orienté vers la personne adéquate: psychologue, assistant social, documentaliste.

Pouvez-vous me renseigner sur tous les produits ?

Oui. Autant les produits légaux qu’illégaux. Une information complète sur beaucoup de produits se trouve déjà sur notre site. Tous les produits peuvent être évoqués pour obtenir un complément d’information.

Et les jeux vidéo ?

Oui. La dépendance peut exister par rapport à un produit dit « drogue », mais aussi pour les jeux vidéo, les jeux d’argent… Ces sujets peuvent être abordés avec un travailleur d’Infor-Drogues.

Et le secret professionnel ?

La loi stipule que chacun des travailleurs d’Infor-Drogues est soumis au secret professionnel. Psychologues, assistants en psychologie, assistants sociaux et documentaliste y sont tenus de par leurs fonctions et par leur engagement au sein d’Infor-Drogues.

Le secret professionnel est une garantie de la qualité de notre travail.

Est-ce que votre travail se fait dans l’anonymat ?
Oui. Chaque entretien est fait dans l’anonymat. Que ce soit par téléphone, par Internet ou lors d’une rencontre, toutes les dispositions ont été prises pour garantir l’anonymat de la personne.

Ceci est particulièrement vrai pour l’e-permanence (permanence électronique d’Infor-Drogues), c’est pourquoi nous y travaillons par pseudo et mot de passe. L’anonymat est une garantie de notre travail.

Est-ce qu’Infor-Drogues collabore avec la police ?

Non. Les travailleurs d’Infor-Drogues sont soumis au secret professionnel. Il leur est formellement interdit de révéler quoi que ce soit du contenu d’un appel, d’un entretien ou d’un échange de courriers.

Qu’est-ce que l’e-permanence ?

L’e-permanence (ou permanence électronique) est un service mis à disposition des internautes qui souhaitent entrer en contact avec Infor-Drogues.

La généralisation de cet outil de communication est une autre voie pour s’informer, poser des questions, prendre avis, témoigner d’une difficulté ou demander de l’aide.


 

Législation

 

Quelles sont les circonstances qui constituent un trouble à l'ordre public ?
  • la détention de cannabis dans un établissement pénitentiaire ou dans une institution de protection de la jeunesse;
  • la détention de cannabis dans un établissement scolaire ou similaire ou dans ses environs immédiats. Il s’agit de lieux où les élèves se rassemblent ou se rencontrent, tel qu’un arrêt de transport en commun ou un parc proche d’une école;
  • la détention ostentatoire de cannabis dans un lieu public ou un endroit accessible au public (p. ex. un hôpital).

Extrait de la Directive commune relative aux infractions en matières de cannabis, du 1er février 2005.

Peut-on placer un enfant d’un couple de consommateurs contre leur avis?
Le juge de la jeunesse peut décider de placer un enfant dans une institution ou dans une famille d’accueil s’il estime que l’enfant est en danger (négligence grave, violence,…). Le juge appréciera donc si la consommation des parents met l’enfant en danger.
J’ai découvert que mon locataire est toxicomane. Il a abîmé mon appartement. Ai-je le droit de le mettre dehors ?

Ce n’est pas la toxicomanie qui justifie le droit à mettre quelqu’un à la porte de son logement. Le propriétaire doit donc suivre la réglementation en vigueur en matière de location.

Pour expulser un locataire, il faut faire appel au juge de paix.

Le père de mon enfant est devenu héroïnomane. Il est un mauvais exemple pour son fils. Puis-je demander qu’il n’exerce plus son droit de visite ?

La toxicomanie ne suffit pas pour soustraire le droit de visite d’un père ou d’une mère à son enfant mais les faits sont laissés à l’appréciation du juge de la jeunesse qui peut décider de supprimer le droit de visite.

De nombreux services existent pour aider, soutenir des parents toxicomanes dans leur parentalité. Contactez Infor-Drogues.

Existe-il une liste des mesures alternatives à la détention ?

Il y a différents types d’alternatives prises par différentes instances décisionnelles :

Au niveau de la police, il n’y a pas d’alternative.

Alternatives à la détention préventive :

– Le juge d’instruction compétent pour décerner un mandat d’arrêt peut décider que celui-ci ne sera pas mis en œuvre moyennant le respect de certaines conditions (exemple : dépôt d’une somme d’argent, ne pas fréquenter certains lieux ou personne, suivre une cure…)

Au niveau du parquet, il y a :

– La probation prétorienne qui est une pratique des magistrats en dehors de tout code légal. Il s’agit du classement sans suite moyennant le respect de certaines conditions (non récidive, non fréquentation du ” milieu “, désintoxication, fréquenter l’école, rechercher un emploi…)

– Le travail d’intérêt général (TIG) ne sera pas prononcé dans le cadre de la probation prétorienne car il doit être encadré par un assistant de médiation et ne peut être effectué que dans des organismes ou fondations agréés.

– La transaction peut également être considérée comme une alternative puisqu’elle permet l’extinction de l’action publique moyennant paiement d’une somme d’argent.

– La médiation pénale (loi du 10 février 1994). Dans ce cadre, le parquet peut prononcer :

  • Une médiation au sens strict où les parties du litige sont mises en présence via un tiers afin de trouver une solution (exemples : excuses, dédommagements des frais encourus par la victime) c’est l’assistant de médiation qui a en charge le dossier. Cette mesure n’est pas appliquée dans les dossiers concernant des stupéfiants ; L’obligation de suivre une formation ;
  • Un TIG;
  • Une injonction thérapeutique. Cette mesure concerne évidemment les usagers de drogues. Elle est cependant peu utilisée par les substituts de la section ” stup ” de Bruxelles pour plusieurs raisons : durée maximum de 6 mois ;

L’obligation de résultat imposée porte sur le fait de suivre une cure de désintoxication (attestation) mais non sur l’arrêt de l’usage à le parquet est plus libre dans le cadre de la probation prétorienne.

– Le juge
Le juge correctionnel peut prononcer un sursis ou une suspension simple ou bien l’assortir de conditions (probation).

Pour plus d’infos : ” Toxicomanies, quelles alternatives à la prison ? ” Editions Infor-Drogues.

Est-ce toujours cher de s’adresser à un avocat ?

L’avocat peut recevoir quelqu’un en consultation et ne lui demander que le coût de cette consultation. Le prix moyen d’une consultation juridique est de +/- 100 euros. Les personnes qui disposent du minimum de moyens d’existence ont droit à faire appel à un avocat pro deo. L’avocat pro deo est payé par le ministère de la Justice. Les autres personnes peuvent aussi faire appel aux avocats pro deo mais devront payer en fonction de leurs revenus. Le principal inconvénient est que certains avocats pro deo manquent d’expérience. Néanmoins la nouveauté est que tous les avocats peuvent s’inscrire pour l’aide de deuxième ligne et plus seulement les stagiaires.

L’aide de première ligne est dispensée dans des permanences juridiques. Il s’agit d’un premier avis oral ou d’une première forme d’aide.

L’aide de deuxième ligne consiste en un avis juridique circonstancié ou l’assistance par un avocat dans le cadre ou non dans le cadre d’une procédure ou d’un procès.£

Pour toutes les questions juridiques relatives à l’usage de drogues, vous pouvez également faire appel à la permanence juridique de la Liaison Anti-prohibitionniste. Les 1er lundis du mois de 12 à 14 heures et les 3ème jeudis du mois de 18 à 20 heures, sur place au 61, rue Marie-Thérèse à 1210 Bruxelles ou par téléphone au 02-230 45 07.

Des copains de ma fille (18 ans) ont donné son nom à la police alors qu’ils ont été arrêtés avec des XTC sur eux. Ils ont prétendu que c’était ma fille qui les leur avait vendu ! Va-t-il y avoir une perquisition à notre domicile ? Que risque ma fille ?

Sur base d’une dénonciation d’un flagrant délit ou d’informations données à la police, cette dernière demande souvent à pouvoir procéder à une visite domiciliaire avec le consentement de la personne. On peut évidemment refuser et la police devra alors demander un mandat de perquisition au juge d’instruction.

Votre fille risque d’être arrêtée en tant que suspecte. Le procureur de Roi peut décider de la maintenir en garde à vue pendant un délai de 24 heures maximum (renouvelable).

S’il s’agit d’une mineure d’âge, le procureur peut la déférer (l’adresser) dans le même délai à un juge de la jeunesse (et rester en garde à vue avant d’être déférée) qui prendra une ordonnance provisoire prévoyant des mesures de garde nécessaire, par exemple : en la laissant chez la personne qui en a la garde mais en la soumettant éventuellement à une surveillance par un service social compétent ou la placer chez une personne de confiance ou encore dans un établissement approprié.

Quant au risque pour votre fille, sans disposer d’information sur cette affaire, nous ne pouvons rien en dire. Par contre le recourt à un avocat est vivement conseillé.

La police a-t-elle le droit de me fouiller ?

Les fonctionnaires de police peuvent dans l’exercice de leurs missions et afin de s’assurer qu’une personne ne porte pas une arme ou un objet dangereux pour l’ordre public, procéder à une fouille de sécurité dans certains cas.

Dans l’hypothèse où quelqu’un a commis ou est sur le point de commettre une infraction, la loi prévoit que la police peut procéder à une fouille… Ainsi, quelqu’un peut être fouillé parce que la police le soupçonne de détenir de la drogue.

Puis-je être fiché par la police ou la gendarmerie alors que je n’ai jamais été ni condamné et qu’on n’a jamais découvert de produits illégaux sur moi ?

La loi sur la fonction de police permet la constitution et la tenue de fichiers à certaines conditions. La tenue d’un fichier doit se faire dans les limites et sous la responsabilité des autorités compétentes (ministère de l’Intérieur, ministère de la Justice, …). Cela veut dire qu’en dehors des directives qui sont données par les autorités, un policier ne peut prendre l’initiative de constituer un fichier.

La tenue de fichiers ne peut se faire que dans le cadre des missions qui leur sont confiées par la loi, à savoir la prévention d’un risque ou d’un danger concret et la répression des infractions.

Il faut un intérêt concret. Cette condition rend douteuse la légalité de ce qu’on appelle les enquêtes proactives. La récente réforme du code d’instruction criminelle (appelée petit Franchimont) a réglementé cette matière des enquêtes proactives. Si elles sont actuellement autorisées, elles ne le sont que sous la responsabilité d’un magistrat. Les policiers et les gendarmes ne peuvent donc les mener d’initiative.

Les renseignements qui se trouvent dans le fichier doivent présenter un lien direct avec la finalité du fichier.

Les renseignements repris sur ce fichier ne peuvent être communiqués qu’aux autorités, services de police et aux services de renseignements officiels qui en ont besoin pour l’exécution de leurs missions. Ils peuvent également l’être à la Commission pour la protection de la vie privée, dans le cadre de la loi du 8 décembre 1992. La loi limite donc la communication des informations aux seuls autorités et services de police. Cela exclut tant les services tels que l’Office des étrangers, l’inspection des lois sociales, l’inspection du travail, les C.P.A.S…. que les personnes privées (personnes physiques ou personnes morales). Ces informations ne pourront dès lors leur être transmises que dans le cadre d’une enquête par l’intermédiaire du Parquet.

Le recueil d’information ne peut se faire sous la contrainte et doit respecter les règles en matière d’inviolabilité du domicile, du secret de la correspondance, du secret des communications et plus générales, relatives à la protection de la vie privée (prise de photos, enregistrement et conversations…).

J’ai 20 ans et j’ai été arrêté par la police parce que je me trouvais sous l’effet de haschich sur la voie publique. Depuis, chaque fois que je sors, les flics contrôlent mon identité à propos de cette histoire. Ont-ils le droit de le faire ?

Si vous faites l’objet d’une procédure de probation, en principe les contrôles policiers peuvent se poursuivre pendant la durée de la probation décidée par le parquet ( c’est à dire maximum 5 ans) mais pas nécessairement sous la forme de contrôle d’identité en rue.

Il est difficile de déterminer quand on est face à une ” persécution ” d’autant plus que la police travaille de façon proactive en matière de drogues c’est à dire qu’elle n’attend pas d’avoir des indices concrets pour interpeller, interroger, contrôler…

Je suis professeur dans un athénée et j’ai été arrêté ce week-end avec un comprimé d’XTC dans ma poche. Est-ce que la police va informer mon directeur ?

Ce serait scandaleux car vous bénéficiez toujours de la présomption d’innocence.

De plus, l’éventuelle sanction pénale ne peut être doublée d’une sanction prononcée par l’école.

Le patron de mon frère a découvert qu’il consomme de la drogue au travail. Peut-on le renvoyer ?
La prise de drogue sur le lieux de travail n’est pas un motif suffisant pour licencier quelqu’un. L’employeur doit démontrer la faute ou le danger que constitue cette consommation.

En dernier recours, c’est le tribunal qui appréciera l’existence de la faute grave en fonction des circonstances. Il s’agira, d’établir si les circonstances en elles-mêmes ne sont pas compatibles avec une prise de drogue (exemple : je suis engagé comme pilote d’avion ou grutier et je suis ivre sur le chantier).

Quels sont les risques que j’encours en dépassant ce taux d'alcool punissable ?

Les risques sont d’abord et surtout ceux de provoquer un accident avec toutes les conséquences sur sa propre santé et sur celles d’autres usagers de la route. En effet, l’alcool fait perdre la lucidité, la vigilance et la promptitude des réflexes indispensables à la maîtrise d’un véhicule.

De plus, l’alcool donne l’illusion de la maîtrise car il augmente la confiance en soi. Le conducteur peut donc avoir tendance à rouler plus vite alors que ces réflexes sont très nettement diminués. On mesure bien que cette situation est d’autant plus dangereuse.

Si vous avez de 0,5 % à 0,8 % dans le sang :

  1. il vous sera interdit de conduire pendant 3 heures, à compter de la constatation et vous devrez remettre votre permis pour cette durée;
  2. vous devrez payer une amende de 125 euros. Si vous ne payez pas, le juge peut vous condamner à une amende de 125 à 2500 euros.

A partir de 0,8 % ou en cas d’ivresse ou en cas de refus de test : interdiction de conduire pendant 6 heures (renouvelable) et votre permis sera retiré pour une durée variant en fonction du taux d’alcoolémie constaté.

Permis retiré pendant quelle durée ?

sanction : la police peut décider d’un retrait immédiat du permis de conduire ; le juge peut prononcer une amende de 1000 à 10000 euros, un emprisonnement de 15 jours à 6 mois, une déchéance du droit de conduire de 8 jours à 5 ans. En cas de récidive, les peines prévues sont plus lourdes.

Je suis avec des copains qui boivent 4 ou 5 verres de bière, est-ce qu'ils peuvent prendre le volant ?

Ils ne peuvent pas conduire car leur taux d’alcool dépasse 0,5 grammes. En effet, cela correspond à ± à 2 ou 3 verres pour un homme et à 1,5 ou 2 verres pour une femme. S’il s’agit de bières spéciales plus alcoolisées un verre constitue le maximum.

La police peut-elle me faire payer une amende pour détention d’une petite quantité de cannabis en me disant que si je paye le dossier en restera là ?

Non la police ne peut pas vous proposer cela. Soit la police n’établit aucun constat, soit elle dresse un procès verbal qu’elle transmet au parquet. Seul ce dernier peut proposer une transaction. Si la somme d’argent est payée, il y a arrêt des poursuites. En cas de refus de la transaction, le parquet peut menacer de poursuites devant le tribunal correctionnel.

Puis-je posséder des graines de cannabis ?

Posséder des graines de cannabis équivaut à posséder du cannabis ce qui est toujours interdit. Néanmoins, la police considère la possession d’une plante de cannabis comme étant “la plus faible priorité” et peut faire l’objet d’un P.V. simplifié pour autant qu’il n’y ait pas de troubles à l’ordre public. (voir définition dans la dernière question de cette rubrique)

Cette tolérance ne vaut que pour une seule plante ou une seule graine.

Certaines sociétés hollandaises proposent des graines de cannabis livrées par courrier postal. Si le colis est intercepté par les forces de l’ordre, l’expéditeur pourra être poursuivi en Belgique pour vente et incitation tandis que le destinataire pourra être notamment poursuivi pour détention.

Des copains me proposent d'aller cueillir des champignons hallucinogènes, est-ce que c'est permis ?

Les champignons hallucinogènes (les psilo) sont visés par l’Arreté Royal de 1930 qui établi la liste des substances illicites. On ne peut donc pas en posséder, ni en vendre ni en consommer en présence de mineurs. De plus les copains sont susceptibles d’être accusés d’incitation à la consommation.

La police veut m'obliger à faire pipi dans un petit pot au commissariat pour vérifier si j’ai consommé du cannabis, est-ce que je peux refuser ? Si je refuse qu'est-ce que je risque ?
Vous pouvez refuser de le faire sauf si un juge a enjoint ce contrôle d’urine. Ce type de contrôle, s’il est pris à l’initiative du parquet ou des services de polices eux-mêmes, est illégal.

En effet, une mesure de contrainte n’est pas permise sans une décision d’un juge ; les services de police vont donc demander le consentement de l’usager de drogues. S’y opposer est alors tout à fait légal et légitime. Les motifs raisonnables ne manquent pas (atteinte à la vie privée, secret médical, etc.).

Néanmoins, les refuser est très délicat car le juge risque d’interpréter ce refus comme un aveu de culpabilité. Dans un tel cas le recours à un avocat est vivement conseillé.

J'ai été controlé par la police avec du hachisch, qu'est-ce que je risque ?

Un procès verbal est toujours rédigé par les policiers et envoyé au parquet qui décide de la suite réservée au dossier. Le policier a le choix entre deux types de pv, le normal ou le simplifié :

  • Le pv simplifié ne sera éventuellement rédigé que pour un usage personnel (max. 3gr de cannabis découvert), et ne causant pas de troubles à l’ordre public. Un listing des PV simplifiés est envoyé mensuellement au parquet qui peut, à tout moment, demander les PV auxquels il estime qu’il y a lieu de donner suite. Le magistrat du parquet peut également classer sans suite un dossier impliquant une détention limitée de produits dérivés du cannabis en vue d’une consommation unique ou occasionnelle, le contact avec le service de police étant considéré comme une mise en garde suffisante.
  • Dans les autres cas, plusieurs possibilités s’offrent au magistrat du parquet qui reçoit le pv normal:
  1. le classement sans suite moyennant avertissement par la police et/ou renvoi vers un service spécialisé d’assistance aux toxicomanes ;
  2. la probation prétorienne càd un classement sans suite moyennant le respect de certaines conditions telles que l’absence de récidive, la non fréquentation du milieu toxicomane, la désintoxication,… ;
  3. l’extinction de l’action publique suite au payement d’une somme d’argent (transaction) ;
  4. la citation devant le tribunal correctionnel qui peut prononcer un travail d’intérêt général (TIG), une amende et/ou un emprisonnement. Ces deux dernières peines pouvant être associées d’un sursis ou d’une suspension.
Je suis contrôlé par la police, est-ce que je suis obligé de montrer mes papiers et de les suivre ?

La police a le droit de vérifier l’identité de toute personne sur le territoire belge et peut demander à toute personne de se rendre au commissariat de police.

Est-ce que le cannabis est légal en Belgique ?

Non, le cannabis est illégal en Belgique. Pour en savoir plus nous vous invitons à lire le chapitre suivant : la dernière réglementation cannabis…

Est-ce que le cannabis est légal au Pays-Bas ?

Quelques informations concernant la détention de cannabis aux Pays-Bas :

Le cannabis est illégal aux Pays-Bas. La différence entre la Hollande et les autres pays est qu’on y tolère que les gens achètent des petites quantités de cannabis dans des “coffee shops” et la police tolère que les citoyens aient une petite quantité sur eux. (voir également la question suivante).

La vente et la consommation de cannabis sont tolérées dans les coffeeshops, pour autant que la quantité ne dépasse pas 5 grammes.

Toutefois, la police confisque toute quantité détenue. En cas de possession de plus de 5 gr., vous êtes passible d’une amende. S’il s’agit d’un mineur belge, ses parents seront automatiquement avertis, un procès-verbal sera dressé et transmis à la police belge. En cas de possession de plus de 30 gr. des poursuites judiciaires seront engagées.

Certaines communes, dont Maastricht, ont récemment interdit aux coffee-shops situés sur leur territoire de vendre du cannabis aux étrangers ne séjournant pas aux Pays-Bas. Les Pays-Bas ont voté une loi qui devrait interdire la vente du cannabis aux étrangers dans tous les coffe-shops du pays. Cette interdiction devrait s’étendre progressivement à tout le pays à la fin 2012.

Je vais aux Pays-Bas pour acheter du cannabis pour ma consommation personnelle que je ramène en Belgique, est-ce que je risque quelque chose ?

Effectivement, les Pays-Bas tolèrent la vente de petite quantité de hachisch (max. 5 grammes) dans les coffee-shops. Toutefois, le cannabis reste illégal aux Pays-Bas, ce qui veut dire que la police confisque systématiquement toute quantité découverte détenue par des étrangers. Cela en vue de décourager le tourisme de la drogue. Avec une quantité plus importante (entre 5 et 30 gr.), le seuil de tolérance de la police hollandaise sera dépassé, vous serez alors passible d’une amende voire, si plus de 30 gr., de poursuites judiciaires.

Certaines communes, dont Maastricht, ont récemment interdit aux coffee-shops situés sur leur territoire de vendre du cannabis aux étrangers ne séjournant pas aux Pays-Bas. Les Pays-Bas ont voté une loi qui devrait interdire la vente du cannabis aux étrangers dans tous les coffe-shops du pays. Cette interdiction devrait s’étendre progressivement à tout le pays à la fin 2012.

J'ai l'habitude d'aller à Amsterdam, je fume des joints dans des coffee shop's. Est-ce que je peux être poursuivi en Belgique ?

Vous pouvez toujours être poursuivi en Belgique à partir du moment où la police a une preuve ou un indice que vous avez possédé du cannabis à un moment ou un autre, même si c’était aux Pays-Bas.


 

Produits

 

Combien coûte une pilule d’ecstasy ?

Un cachet d’ecstasy s’achète aujourd’hui entre 4 et 10 euros selon le nombre acheté, le lieu de vente, la qualité du produit…

Mon fils fume des joints, est-ce un drogué ?

Pour nous, le terme « drogué » ne veut pas dire grand chose et peut être péjoratif pour certaines personnes.

Un sens possible est « dépendant », mais quelqu’un qui fume des joints n’est pas forcément dépendant du cannabis. Cette pratique peut être occasionnelle. Tout « usager de drogue » n’est pas dépendant, de la même manière que tout « buveur d’alcool » n’est pas alcoolique.

Un autre sens possible est « délinquant ». A part le fait que la cannabis est et reste interdit, un fumeur de joints n’est pas d’office « délinquant ». Il n’y a pas de lien automatique entre les deux.

Combien coûte un joint ?

Lorsqu’elle est vendue à la pièce, une cigarette de cannabis coûte plus ou moins 2 euros.

Le plus souvent, le consommateur achète seulement le cannabis par gramme (herbe ou haschich). Le prix d’un gramme peut varier de 3 à 6 euros. Un gramme permettant de faire de 4 à 8 joints. L’achat de plus grandes quantités fait diminuer le prix mentionné.

Les différentes origines et concentrations de cannabis proposées vont également influencer le prix du produit. L’herbe est souvent moins chère que le haschich.


 

Aide et conseils

 

Vos élèves vous demandent une information sur les drogues. Vous ne vous sentez pas à l'aise pour y répondre. Que faire ?

Si la demande est une demande collective (c’est-à-dire qu’il ne s’agit pas de la demande d’un seul élève), prenez le temps de préciser avec eux son objet. Ici aussi on peut avoir une grande variété de questions : questions sur les produits, sur la personne de l’usager, Sur l’interdit…

Nous vous proposons de ne pas inviter de spécialistes, ni d’anciens toxicomanes, ni de gendarmes ou de policiers qui viendraient présenter les drogues aux élèves ou aux autres professeurs. Ce type d’intervention ne propose aux jeunes qu’une information centrée sur le produit et sur les dangers des drogues. Cela a le grand désavantage de laisser dans l’ombre les motifs de consommation et de dépendance. Eléments pourtant les plus importants et les plus parlants pour les jeunes.

Pour aborder ces éléments vous avez toute la compétence requise. En effet, comme pour d’autres conduites à risques, le débat s’ouvre rapidement sur l’attrait de l’interdit, les plaisirs inconnus, l’influence du groupe, le prestige du risque,…

N’oubliez pas que vous faites de la prévention chaque fois que vous ouvrez un dialogue constructif sur les thèmes de la santé, du plaisir, de la loi, du risque, des valeurs et des limites.

Quand c’est possible, intégrer l’information dans votre cours. Tâchez d’allier la dimension de l’objectivité (il est important que les élèves aient des réponses claires à leur questions) et une réflexion plus générale sur la santé.

Que va-t-il se passer après une cure ?

La visée d’une cure de désintoxication est de faire en sorte que la personne ne soit plus dépendante physiquement de la substance qu’elle consommait. Ni plus, ni moins.

Une cure de désintoxication, aussi appelée sevrage, n’est d’ailleurs pas toujours nécessaire puisque tous les produits n’entraînent pas une dépendance physique.

Bien entendu, la personne peut saisir cette occasion pour interroger les causes qui l’ont poussée à (trop) consommer. Le séjour peut également être pour certains l’occasion de se mettre à distance du produit, du milieu où il consomme, mise à distance nécessaire et salutaire même si elle ne se révélera peut-être que provisoire.

Aussi, telle personne cessera effectivement durablement de consommer après sa cure, telle autre rechutera après s’être ménagé une pause, telle autre enfin aura décidé de commencer un travail psychologique et/ou sur lui-même avec un psychothérapeute afin de traiter sa consommation-symptôme.

Dois-je appeler la police parce que mon fils consomme ?

Faire appel à la police est parfois nécessaire pour demander aide et protection dans certaines situations de danger.

La consommation de stupéfiants de la part d’un proche présente rarement une situation de danger, telle qu’elle nécessite l’appel aux forces de l’ordre.

Ne perdez pas de vue que le policier de quartier toujours prêt à rendre service reste un policier qui devra donner une suite (judiciaire éventuellement) à votre appel dont l’issue vous échappera complètement.

Peut-être en tant que parent vous sentez-vous en difficulté pour faire face à cette situation. Nombreux sont les parents qui sont désorientés par la consommation d’un fils ou d’une fille. C’est pourquoi il est souhaitable de ne pas rester seul à vivre l’anxiété que suscitent ces situations. Rechercher un interlocuteur de confiance (amis, parents,…) peut être aidant, vous pouvez aussi vous adresser à un service d’aide proche de chez vous (centre de guidance, planning familial).

Nous pouvons aussi vous aider à vous orienter ou en parler avec vous.

Est-ce que vous pensez qu'un jour mon fils va arrêter l'héroïne ?

Cela dépend de nombreux facteurs et ne se réalisera pas sans sa propre décision. Le traitement de la dépendance à l’héroïne est souvent long et tortueux. Si la dépendance physiologique au produit (le fait qu’arrêter entraîne des symptômes physiques pénibles) peut être traitée relativement facilement (voir à ce sujet la question située plus loin sur la cure de désintoxication), il n’en est pas de même de la dépendance psychologique, parfois plus tenace.

Arrêter l’héroïne suppose un changement radical de mode de vie (dont on sous-estime souvent l’ampleur). Cela suppose aussi que l’on veuille s’interroger sur les raisons, qui ont présidé à la consommation problématique de ce produit.

Ce questionnement se déploiera de préférence dans le cadre d’entretiens suivis avec un professionnel de la relation d’aide.

Bien souvent, un accompagnement social sera aussi nécessaire, il conviendra de mettre en place des points d’appui sur lesquels votre fils pourra compter pour se construire un autre projet de vie qui lui convienne.

Parfois, plusieurs rechutes seront nécessaires pour permettre un arrêt définitif. Ces rechutes ne sont pas à considérer comme des échecs mais plutôt comme des épisodes d’un long parcours, pour votre fils et pour ceux qui l’accompagnent.

Quant à vous, vous pouvez aussi le soutenir et l’aider, toutefois, chaque situation étant particulière, nous vous proposons de venir en parler.

Je suis grand consommateur de cannabis. Comment pourrais-je arrêter cette consommation ?

Il est possible d’arrêter une consommation régulière de cannabis du jour au lendemain et cela sans dommage pour la santé ni effets secondaires particuliers.

Certaines personnes éprouvent de réelles difficultés à arrêter pour des motifs particuliers liés le plus souvent à la place que peut prendre la consommation de cannabis dans la vie de tous les jours.

On peut prendre du recul en commençant à s’interroger sur les raisons qui amènent à consommer, sur les “avantages” de la consommation.

Souvent, les raisons nous échappent, nous ne pouvons entrevoir que leur aspect le plus évident. (partie émergée de l’Iceberg).

Cela peut aider, de venir parler à quelqu’un de ce qui fait question autour de l’arrêt de la consommation. Le plus souvent, le contexte d’une relation d’aide permet de mieux repérer ce qui pousse à la consommation et éventuellement de prendre de la distance par rapport à cela.

J'ai un fils/une fille de 18 ans qui fume des joints, que faire pour qu’il/elle arrête ?

Fumer des joints à 18 ans n’est pas toujours synonyme de danger.

Si la consommation de cannabis reste effectivement illégale, l’importance que cette consommation est susceptible de prendre varie très fortement d’une personne à l’autre. Les alternatives entre l’abstinence d’une part et, d’autre part, un mode de consommation devenu ravageur existent et sont multiples. (Tout comme boire de l’alcool ne signifie pas ipso facto être alcoolique, fumer des joints n’entraîne pas systématiquement le fait d’être drogué.)

Aussi, il sera plus utile de remplacer la question posée (que faire pour qu’elle arrête ?) par d’autres, moins stériles, et permettant davantage de se faire une idée globale de la situation actuelle de votre fille : a-t-elle des ami(e)s ?, a-t-elle des projets d’avenir ?, pensez-vous qu’elle se serve des joints comme d’une sorte de médicament ?, vit-elle actuellement ou a-t-elle vécu récemment des moments particuliers ? Comment voit-il (elle) sa situation actuelle et son avenir? etc.

Il/elle laisse traîner un mégot de cigarette qui me semble inhabituel. Que faire ?

Faire disparaître un mégot n’est pas sorcier.

Si vous en avez trouvé un, c’est peut-être que votre enfant l’a bien voulu mais, quoi qu’il en soit, oubli intentionnel ou non, vous voilà invité(e) à réagir.
  • Ferez-vous celui ou celle qui n’a rien vu ?
  • Souhaiteriez-vous faire analyser le mégot suspect ?
  • Choisirez-vous de vous adresser à quelqu’un d’extérieur ?
  • Demanderez-vous à votre enfant d’avoir ensemble une bonne discussion, accordant davantage de crédit à la parole donnée qu’à une analyse toxicologique ?
  • Etc.

En d’autres termes, votre expérience de parent vous permet-elle de construire la réponse qui vous semble la plus adéquate et qui s’inscrit dans le fil de vos principes d’éducation ?

Mon fils/ma fille adolescent(e) se drogue. Pourquoi ?

On représente généralement l’adolescence comme l’âge où tout est encore possible, où rien n’est encore fixé. C’est celui où la personne se cherche, ne se sent pas à sa place, questionne le discours des aînés, voire s’y oppose violemment (désarroi, angoisse et doutes ne sont pas le propre des adultes).

C’est d’ailleurs souvent et paradoxalement dans l’excès que l’adolescent(e) cherche ce qui lui permettra d’organiser ce qui lui arrive; de comprendre d’où il (elle) vient; d’accepter ce qu’il (elle) veut etc.

Ce moment se traduira selon chacun par diverses expériences. Ainsi, certains chercheront à prendre distance avec leur famille, ce sont ces “copains” que les parents ne connaissent pas.

Dans ces groupes, la consommation d’un produit peut constituer un signe d’appartenance au groupe. D’autres traduiront ce moment de l’adolescence par l’envie de changer de look, de ne “rien faire”, etc.

Ceci indique que très souvent, et contrairement aux apparences, “la drogue” n’est pas centrale pour l’adolescent (e) qui en consomme et que ce qui est véritablement important, ce qui fait question est à situer ailleurs. Répondre au “pourquoi” consistera à aller y voir de ce côté-là.

Bien sûr une réponse aussi courte ne peut pas répondre à vos attentes par rapport à une question aussi complexe. C’est donc dans une relation de dialogue que l’ensemble des éléments particuliers à ce qui vous arrive et à ce que vous éprouvez pourra être pris en compte. Notre permanence téléphonique : 02 227 52 52.

Comment parler des drogues à vos enfants ?

D’abord, il n’y a pas d’âge à partir duquel il faudrait absolument parler des drogues, ni d’informations à transmettre absolument. Par contre, il ne faut pas non plus considérer ce thème comme un tabou et imposer le silence sur toute question à son propos. C’est un thème difficile, qui soulève de nombreuses questions mais qui n’est pas vraiment différent d’autres thèmes eux aussi difficiles à aborder entre parents et enfants (les relations sexuelles, la violence, l’argent,…).

Ensuite, l’information donnée laisse souvent transparaître l’angoisse ou l’inquiétude de l’adulte, ses propres malaises par rapport à la drogue, alors que les jeunes ont besoin, par rapport à ce thème comme par rapport à tout autre, de sécurité, d’interlocuteurs et de repères clairs.De plus, l’information est souvent construite pour faire peur (la drogue, c’est dangereux, n’y touche pas), on y parle davantage des substances illicites, insistant ainsi sur leurs caractères interdits (on ne peut pas se droguer) et sur son aspect nuisible pour la santé (la drogue, ce n’est pas bon et si les drogues sont interdites c’est parce qu’elles sont dangereuses).

On pense habituellement que la peur est dissuasive. Mais centrer l’attention sur l’interdit pousse certains (surtout à l’adolescence) à vouloir le transgresser. Se centrer sur le caractère nuisible du produit occulte les contradictions internes à toute consommation : s’y mêlent en effet plaisir et bénéfices secondaires importants à l’adolescence (se faire valoir auprès des copains, postposer un effort à fournir, se procurer du plaisir plus facilement, etc. ). Si on n’aborde pas ces questions-là, notre discours restera boiteux et n’atteindra pas le but poursuivi.

Bien sûr, chaque situation est différente et c’est à chacun d’agir, en ” âme et conscience “. Néanmoins, voici quelques pistes.

Il est plus aisé de parler de ce sujet suite à une demande ou à une interpellation de l’enfant vis-à-vis de l’adulte. En ce cas, vous pouvez vous appuyer sur une brochure, ou un livre, non pas pour transmettre une information de façon scolaire, mais pour ouvrir le débat avec votre enfant, en restant très vigilant à l’accueil qu’il vous faut offrir à des questions ou des préoccupations auxquelles vous n’auriez pas pensé vous-mêmes.

Si il n’y a pas de demande explicite de la part de l’ado, les informations et le dialogue peuvent néanmoins souvent s’intégrer dans le fil d’une autre conversation. La meilleure prévention consiste à adopter une attitude générale grâce à laquelle vous participez au développement de certaines opinions, de certains comportements dans les relations ou aptitudes personnelles (jugement critique de ce qu’il entend, affirmation et confiance en lui, capacité à défendre un point de vue, même impopulaire …).

Vous faites de la prévention chaque fois que vous donnez des moyens de développer une personnalité équilibrée, capable de s’intégrer dans la collectivité et de développer des choix responsables, et éventuellement de les défendre. Vous permettez ainsi un dialogue constructif sur ce qui construit le monde de votre enfant :

– la santé (l’alimentation, le sommeil, les médicaments, le sport, …),
– le plaisir (la capacité d’attendre, les activités plaisantes mais risquées, le rôle de la publicité, des modes, …),
– la loi et les limites.

Comme vous le constatez, il ne faut pas tout savoir sur les drogues avant d’engager le dialogue. En effet, ce qu’attendent les enfants et les adolescents n’est certainement pas un cours sur les effets des drogues (ils les connaissent vraisemblablement mieux que vous); ils sont plutôt en attente de discussions qui les aident à se structurer et à construire leurs propres valeurs.

Vos enfants ont entre 10 et 12 ans, découvrez les questions qu’ils se posent.

Titre du spoiler

Les adolescents portent souvent un regard critique sur le monde des adultes dont ils soulignent volontiers les contradictions.

Sur le plan de l’information et dans l’état actuel de la recherche scientifique, il est vrai que le cannabis est un produit moins toxique que l’alcool.

On peut aussi nuancer ce propos en précisant qu’un usage modéré de boisson alcoolisée n’est pas néfaste à la santé bien au contraire. De récentes études mettent en évidence, les bienfaits d’une consommation de 1 à 2 verres de vins par jour.

Le danger ne vient pas seulement du produit mais de l’usage que l’on en fait.

Par ailleurs, le danger lié à la consommation de cannabis se situe davantage du côté des conséquences pénales en cas d’interpellation par la police. (l’usage du cannabis est toujours interdit dans notre pays), et des sanctions possibles en cas d’usage en milieu scolaire.

Si l’interdiction de la détention et de l’usage du cannabis s’est imposée dans nos contrées pour des raisons économiques et culturelles, il n’en reste pas moins que cette interdiction existe toujours. Vous pouvez discuter avec votre adolescent des contradictions de notre société qui pousse à la consommation de produits (alcool, tabac, médicaments) qui sont aussi nocifs pour la santé.

Toutefois, pointer les contradictions n’autorise pas votre enfant à fonctionner selon sa propre loi et à ignorer la loi commune.

Si cela n’a pas de sens pour lui alors pourquoi ne pas lui proposer d’œuvrer pour changer la loi ?

Il y va aussi de la responsabilité des adultes de pouvoir soutenir en termes de projet les souhaits de changements énoncés par les jeunes.

Mon enfant entre à l’école secondaire. Il sera sans doute confronté au tabac, peut-être à la drogue. J’aimerais en parler avec lui. Que lui dire ?

En effet, ce n’est pas facile de parler des drogues car c’est un sujet qui touche à des questions sensibles d’interdit et de morale.

De plus, vous avez peut-être peur de lui parler d’un sujet qu’il ne connaît pas et, par là, soit d’aiguiser sa curiosité, soit de n’éveiller aucun intérêt. Dilemme.

Pour ces raisons, il est intéressant que la discussion porte sur des thèmes qui interpellent directement votre enfant. Comme par exemple l’image de soi, la consommation en général, le plaisir, l’importance et l’influence du groupe, le sens du choix des vêtements de telle ou telle marque, le plaisir de jouer aux jeux vidéo,…

Des points intéressants à aborder peuvent être : un vrai copain c’est qui pour toi?, jouer est-ce un plaisir ou une récompense ?, joue-t-on avant ou après avoir fait ses devoirs ?,…

Vous verrez que la discussion abordera, à travers ces thèmes, des raisons de fumer ou de prendre des drogues. Mais, grand avantage, sans aborder le sujet de front. Tous ces sujets et bien d’autres sont ceux qui offriront un esprit critique à votre enfant au moment où il sera confronté au tabac ou peut-être aux drogues.

Un jeune vous confie que son ami a consommé du haschich tout le week-end. Il vous demande si c’est grave. Que lui répondre ?

Un jeune vous interpelle de façon directe. Il vous a choisi comme digne de confiance et il est important de lui répondre.

Vous pouvez l’aider à dire ce qui l’inquiète dans la consommation de son copain, mais discuter aussi avec lui pour comprendre de quelle façon il est concerné par la situation dont il vous parle. Vous pouvez également lui demander ce qu’il attend de votre écoute et de votre aide. Occasion de différencier consommation et consommation problématique.

La façon dont vous allez accueillir ses questions concernant son camarade est une façon d’accueillir les siennes. A la fin de la conversation, proposez lui de continuer le dialogue en une autre occasion. Ainsi ce jeune se sentira soutenu ce qui est important dans des moments peut-être difficiles.

Que va-t-il se passer après une cure ?

La visée d’une cure de désintoxication est de faire en sorte que la personne ne soit plus dépendante physiquement de la substance qu’elle consommait. Ni plus, ni moins.

Une cure de désintoxication, aussi appelée sevrage, n’est d’ailleurs pas toujours nécessaire puisque tous les produits n’entraînent pas une dépendance physique.

Bien entendu, la personne peut saisir cette occasion pour interroger les causes qui l’ont poussée à (trop) consommer. Le séjour peut également être pour certains l’occasion de se mettre à distance du produit, du milieu où il consomme, mise à distance nécessaire et salutaire même si elle ne se révélera peut-être que provisoire.

Aussi, telle personne cessera effectivement durablement de consommer après sa cure, telle autre rechutera après s’être ménagé une pause, telle autre enfin aura décidé de commencer un travail psychologique et/ou sur lui-même avec un psychothérapeute afin de traiter sa consommation-symptôme.


 

Des questions d’enfants

Pourquoi ne faut-il pas juger ?

Juger quelqu’un est souvent injuste car on ne connaît généralement que peu de chose des autres personnes. Nous risquons de juger à partir d’un seul aspect de leur personnalité et d’ignorer tout le reste. Bien souvent l’étiquette que nous collons par notre jugement suit cette personne toute sa vie. Ce n’est pas parce que tu n’as pas bien étudié une leçon que l’on doit te coller l’étiquette « mauvais élève ». Cette étiquette serait fausse. De même, ce n’est pas parce que tu bavardes une fois que tu es un élève bavard.

D’untel on dira « c’est un drogué » ou « c’est un voleur » à cause d’un seul fait qu’on connaît ou même parfois à cause d’une rumeur qui n’est pas toujours vraie. D’autre part, cette personne peut changer même longtemps après. Coller une étiquette sur quelqu’un n’aide pas ce dernier car c’est comme quand le professeur te considère comme bavard alors que tu n’as bavardé qu’une fois. Dans ce cas, et bien, dès qu’il entendra du bruit il pensera que c’est toi. Donc, dans la tête de ton professeur, tu seras de plus en plus bavard, même si ce n’est pas vrai.

Mais coller une étiquette sur quelqu’un peut être bénéfique si celle-ci est positive. D’un côté, il y a toutes les étiquettes négatives mais de l’autre côté, il y a aussi toute une série de bonnes étiquettes comme par exemple l’étiquette de “la plus sympathique”. Mais même s’il s’agit d’une bonne étiquette, celle-ci peut être fausse.

Pourquoi est-il difficile d’arrêter de manger du chocolat même quand on n’a plus faim ?

Cela arrive à tout le monde de manger du chocolat simplement parce que c’est bon et pas parce qu’on a faim. On le fait par plaisir car on aime le chocolat. Parfois, on est bien surpris d’avoir mangé plusieurs tablettes de chocolat sans avoir pu s’arrêter. Il peut même arriver qu’on en mange tellement qu’on en arrive à avoir mal au ventre. Alors, on s’en veut d’en avoir mangé autant et on se demande pourquoi on n’a pas pu s’arrêter.

C’est un peu la même chose avec la télévision : parfois, on la regarde trop et même des émissions qui ne sont pas pour nous et qu’on n’aime pas. Pourquoi est-ce si difficile à certains moments d’éteindre la télé ? Quand un copain ou une copine arrive et propose un jeu ou d’aller à la piscine, alors c’est plus facile d’éteindre la TV.

Par contre, quand on est tout seul et qu’on s’embête, il y a plus de chance qu’on continue à la regarder. La télévision nous occupe facilement. On ne fait aucun effort. De même, si on est triste ou fâché on va avoir moins facile à parler aux autres et la télévision nous servira à nous occuper, à nous cacher ou à rester loin. Si on est joyeux et content, on aura facile à aller discuter avec les amis ou la famille et on quittera facilement la TV ou internet.

Pour le chocolat, c’est un peu pareil. Ce qu’on aime, c’est le plaisir du chocolat. Quand on se sent seul ou qu’on est triste surtout. C’est dans ces moment-là que le chocolat va être important et qu’on aura plus de mal à arrêter. Si on mange du chocolat dans ces moment-là, on en a besoin et c’est ça qui est plus fort que le mal de ventre qu’on aura peut-être après.

Ce plaisir est surtout important quand on en a besoin, par exemple parce qu’on s’embête.

Pourquoi consomme-t-on des produits-drogue ?

Prenons l’exemple du jour où une dent fait très mal. Alors, les parents donnent un médicament anti-douleur pour qu’on n’ait plus mal. Ce médicament n’a pas eu d’effet sur la dent mais sur la perception de la douleur. Celle-ci a diminué ou a disparu. C’est un peu comme cette histoire de chocolat ou de télévision quand on est tout seul ou qu’on est triste. Les consommer fait diminuer la sensation désagréable.

Les adultes consomment des produits-drogue pour des raisons variées. Beaucoup boivent du café le matin car cela les aide à se réveiller. Certains prennent des somnifères le soir car cela les aide à s’endormir. Il arrive à des travailleurs de se détendre après le boulot en buvant une bière. Parfois, fumer du cannabis aide certains à rigoler avec leurs amis. Pour d’autres, la cocaïne soutient la concentration dans leur travail quand la fatigue se fait sentir.

Les adultes consomment des produits-drogue parce que leurs effets les aident à quelque chose, ils remplissent ce qu’on appelle un besoin.

Le besoin rempli par le produit-drogue est toujours lié à l’activité mentale (ne plus ressentir une douleur, se réveiller, se détendre, s’endormir, se concentrer, etc.)

Comment se fait-il qu’on prend de la drogue pour remplir un besoin mais qu’après ce besoin est toujours là ?

C’est comme quand on a mal aux dents. On prend un médicament anti-douleur pour ne plus avoir mal. Mais après un temps le médicament ne fait plus d’effet et on a de nouveau mal. Alors, si on ne va pas chez le dentiste, on a envie de reprendre un nouvel anti-douleur. C’est pareil pour les autres produits-drogue : le café nous réveille le matin mais demain matin, nous en aurons encore besoin. Le somnifère va m’aider ce soir mais j’en aurai encore besoin demain soir.

Bien sûr, le plus souvent, on a d’autres manières de répondre à nos besoins. On peut prendre une douche bien froide pour se réveiller, compter les moutons pour s’endormir ou raconter quelques bonnes blagues pour rire avec les amis.

De manière générale, on va prendre un produit-drogue car il répond au besoin qu’on a à ce moment-là. Le produit-drogue est consommé car il est assez rapide. Les autres solutions à nos besoins prennent souvent plus de temps (apprendre des blagues pour rire, compter les moutons pour dormir…), sont parfois désagréables (prendre une douche froide pour se réveiller…) ou sont désagréables et prennent du temps (prendre un rendez-vous chez le dentiste pour se faire soigner la dent).

Ce qui serait vraiment super, c’est quelque chose qui réponde à nos besoins pour toujours. Pour cela, on doit se demander pourquoi on a si souvent mal aux dents, pourquoi on est si fatigué le matin, qu’est ce qu’on a en tête qui nous empêche de dormir ou pourquoi on veut tellement faire rire nos amis.

Si on en prend un produit-drogue pour oublier qu’on se sent mal ou qu’on est seul, c’est la même chose que la rage de dents. Quand l’effet de ce produit sera terminé, on se sentira de nouveau mal ou tout seul car on ne se sera pas intéressé aux causes.

Pourquoi fume-t-on alors qu’on sait que c’est mauvais pour la santé ?

En effet, on nous a dit plein de fois que fumer est très mauvais pour la santé. Mais on nous avait dit aussi de ne pas manger trop de chocolat. Mais parfois on se dit« tant pis pour le mal au ventre » quand le plaisir du chocolat est trop important.

En ce qui concerne les cigarettes, plein de motivations existent. Parfois, ce sont des grands qui fument dans la cour de récré et ils sont vraiment trop cool. On veut tellement être comme eux. Un copain fumait dans une autre école où personne ne fumait. Lui, il avait sans doute besoin de se distinguer des autres, de paraître différent. Sur le moment, bien sûr, on ne se rend pas compte qu’on fume pour leur ressembler ou être différent. Par exemple, on dit qu’on fume car on aime l’odeur et le goût du tabac.

Pour certaines personnes, le besoin rempli par les cigarettes est tellement important que l’avertissement pour la santé n’a pas d’effet. Si la cigarette répond à leur besoin, si leurs amis les considèrent avec plus de respect par exemple, ou, comme pour ce copain, comme quelqu’un de différent et bien alors ils auront envie de continuer à fumer.

Mais les adultes, ils ne fument quand même pas pour faire plus âgés ou pour paraître différents ?

Quand on commence à fumer pour paraître plus âgé, la cigarette peut parfois remplir cette fonction de paraître cool. Elle nous donne ce qu’on appelle de l’assurance face aux autres. C’est comme si on devient quelqu’un qui a quelque chose que les autres n’ont pas : un signe, un écusson, une indication qui montre à tout le monde qu’on est un grand, sûr de lui, intelligent, etc.. Par exemple, ça peut aider à parler devant les autres.

Après, quand on devient adulte, il arrive que certains continuent d’associer tellement fort la cigarette avec leur coté cool, leur assurance qu’ils détestent se retrouver sans cigarette. On a trop l’impression de se retrouver bête, pas cool du tout, sans assurance si on ne fume pas.

Pour d’autres fumeurs, le tabac a aussi un effet direct qui vient d’une substance précise : la nicotine. Ce produit stimule le coeur et l’attention. Cette stimulation peut aider à être plus concentré mais elle peut aussi aider à mieux contrôler la mauvaise humeur ou la colère. Plutôt que d’être en colère, certaines personnes préfèrent fumer.

Avoir une bonne santé, ce n’est pas seulement ne pas avoir de maladie, c’est aussi avoir des amis, être reconnu comme quelqu’un dans nos différents groupes. On dit être bien intégré socialement. Cette bonne intégration est très importante pour nous les humains, nous la recherchons avec une très forte motivation. La peur de certaines maladies est souvent beaucoup moins forte.

Donc, quand des personnes fument cela signifie que leur besoin rempli par la cigarette (être cool, avoir de l’assurance, ne pas être de mauvaise humeur, être concentré, etc.) est plus important que la peur de la maladie liée au tabac.

Et quand c’est interdit ?

Quand un produit-drogue est interdit, c’est un peu comme quand on nous dit qu’il est mauvais pour la santé. Quand papa, maman ou mon professeur nous interdisent de faire quelque chose et qu’on le fait quand même c’est parce que c’est très important pour soi. Quand on copie sur son voisin, on sait bien qu’on risque une punition. Mais on sait aussi que si on rate cette interro, la situation serait pire.

Si on consomme un produit-drogue interdit c’est souvent pour éviter quelque chose de pire que la punition que la police pourrait infliger. Par exemple, certains commencent à fumer du cannabis pour ne pas rester des quidams invisibles, devenir quelqu’un de fort aux yeux des filles. Pour eux, c’est mille fois plus important que d’être puni par ses parents ou d’avoir une amende de la police.

La motivation à consommer des produits-drogue interdits peut être pour certains tellement importante que la punition (même aussi forte que la prison) n’est pas toujours un frein.

J’en ai pris une fois, est-ce que je vais continuer à en prendre ?

Non, pas forcément. Repensons au mal de dents : si on fini par aller chez le dentiste pour qu’il soigne les dents, alors on n’a plus mal et on n’a plus besoin de prendre le médicament ou l’aspirine. Par contre, si on ne va pas chez le dentiste parce qu’on a peur qu’il fasse mal, les dents continueront à faire de plus en plus mal. On aura donc besoin de prendre de plus en plus souvent des médicaments pour ne plus avoir mal.

Pour les drogues, c’est un peu la même chose. Comme on l’a dit tout à l’heure, quand on a un besoin important comme par exemple se réveiller le matin, soit on prend un produit-drogue comme le café ou le coca ou on trouve une autre façon de se réveiller comme prendre une douche bien fraîche. Donc, on peut penser à d’autres manières pour ne pas toujours prendre ce même produit. Parfois, certaines personnes ne trouvent pas d’autres manières de répondre à leur besoin, elles n’ont que cette manière-là. On dit alors que ces personnes sont dépendantes du produit en question pour répondre à ce besoin. On est dépendant quand on n’a qu’une seule manière de répondre à un besoin.

On peut aussi réfléchir à la raison pour laquelle on est si fatigué le matin : qu’est-ce qui pèse si lourd au point de ne pas avoir envie de se lever ? Cette façon de faire est la plus intéressante mais ce n’est pas toujours facile. Par exemple, pour certains fumeurs c’est pas facile de se dire que c’est grâce aux cigarettes qu’ils se trouvent cool. On préfère penser que notre assurance et nos qualités en général viennent de nous.Pour certains, il leur arrive de fumer un joint parce qu’ils sont trop mal en allant à l’école. Par exemple, parce qu’ils sont harcelés par un plus grand. Fumer ce joint les détend et les aide à y aller. Quand l’école est devenue moins horrible pour eux parce que l’élève harcelant a été exclu, ils n’ont plus eu besoin de ce produit-drogue et ils ont arrêté.

Le fait de continuer ou non à prendre un produit-drogue dépend donc de notre besoin. D’une part, en fonction des aléas de nos vies, ce besoin se maintient-il, se développe-t-il ou disparait-il? D’autre part, quels autres moyens ai-je à ma disposition pour répondre à ce besoin ?

Comment aider quelqu’un?

Tout d’abord, il faut savoir qu’il n’est pas toujours facile d’aider quelqu’un car cette personne peut refuser l’aide qu’on lui propose. Par exemple, demander de l’aide est, pour certaines personnes, un signe de faiblesse.

Il arrive aussi que l’aide qu’on propose se trompe d’objet. Par exemple, si on propose à certains consommateurs de produits-drogue de les aider à arrêter leur consommation. C’est un peu comme si on proposait à la personne qui prend des anti-douleur car elle souffre d’une rage de dents de l’aider à ne plus prendre ces médicaments ! Cette personne considère qu’elle a besoin de ces médicaments et il y a donc beaucoup de chance qu’elle refuse ce type d’aide.

Pour celui qui a un besoin (comme éviter la rage de dent, le besoin de faire grand, la peur de l’école, la difficulté de déclarer son amour, etc.) l’aide qu’il a trouvé c’est le produit-drogue qui la donne. La personne a souvent peur qu’on l’empêche de prendre ce produit-drogue, alors elle refuse l’aide.

Le plus important quand on veut venir en aide à quelqu’un dans cette situation, c’est de lui faire comprendre : ” je suis là et je ne te juge pas “

Il faut que la personne sache qu’on est là sans qu’on lui dise directement que c’est pour l’aider. Il faut qu’elle se rende compte qu’on est là non pas par curiosité ou pour faire un jugement mais parce qu’elle compte pour nous tout simplement. Pour le montrer il faut s’intéresser à ce que vit cette personne. C’est par là qu’on comprendra le véritable besoin qui doit être rempli (grandir, avoir une parole reconnue, être valorisé, oser parler à son chef, son père, son amour, etc.) et en lui demandant ce qu’on peut faire pour lui par rapport à ce besoin.


 

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