Archive de l’étiquette drogues

Tendances 2017 : ce que disent nos statistiques

Statistiques (source : Pixabay)Chez Infor-Drogues comme en de nombreux autres endroits, la nouvelle année est l’occasion de jeter un œil sur celle qui vient de s’écouler, dans l’espoir de donner un sens à certains phénomènes observés. En 2017, le site internet de l’association a été visité près de 207 000 fois, et plus de 511 000 pages ont été consultées. Autant de visites qui nous permettent de faire des parallèles entre les recherches des internautes et les tendances actuelles en matière de produits stupéfiants.

L’année dernière, les pages dédiées aux produits étaient celles qui recevaient le plus de visites, avec la page d’accueil (8 %). La page la plus recherchée était celle concernant les amphétamines et le speed, avec presque 28 % de vues, suivie par la kétamine (4,74 %), l’ecstasy (4,42 %) et les hallucinogènes (2,81 %). Des résultats qui, couplés aux observations de notre équipe de permanence, aussi bien lors de consultations que sur le terrain et au contact d’autres associations, indiquent d’après nous que la tendance actuelle s’oriente plus qu’avant vers les produits synthétiques.

Il semble en effet que les usagers s’essayent de plus en plus aux drogues de synthèse, c’est-à-dire créées artificiellement, contrairement aux drogues d’origine naturelle comme le cannabis ou la cocaïne. Ainsi, cette dernière est en train d’être rattrapée par le speed sur le terrain des produits stimulants et la kétamine tend à remplacer la MDMA. Par ailleurs, on observe que les usagers parlent beaucoup plus facilement de leur consommation d’amphétamines et de kétamine. Ces deux produits, dont la consommation est parfois liée, ont chacun été évoqués 17 fois lors d’appels par des consommateurs l’an dernier. En 2016, les amphétamines avaient été mentionnées par 11 personnes et la kétamine dans 8 cas.

Ces substances, disponibles aussi bien sur Internet que dans l’espace physique, sont en ce moment plus “à la mode”, elles génèrent donc plus de recherches sur Internet. Les produits synthétiques sont généralement associés aux soirées en boîte de nuit (clubbing), mais aussi au chemsex [1], une pratique qui consiste à avoir des rapports sexuels en ayant consommé des stupéfiants. Ce phénomène est déjà ancien, mais actuellement en pleine expansion, surtout parmi les hommes gays et dans le milieu de la prostitution, aussi bien masculine que féminine. Les travailleurs du sexe peuvent dans ce cas faire office de dealers, en particulier quand des substances plus difficiles à se procurer, comme le crystal meth, sont demandées.

Nous constatons enfin que les pages concernant le cannabis et la cocaïne ne sont plus consultées que très marginalement, bien qu’ils restent, avec l’alcool, les produits les plus évoqués dans nos permanences et consultations. Nous pouvons peut-être en déduire que le public a l’impression mieux connaître ces produits parce qu’ils sont plus présents et plus consommés qu’avant. Il pense donc ne plus avoir besoin de se renseigner à leur sujet. Nous déplorons que — à l’opposé des produits très cherchés, car en ce moment plus à la mode et disponibles — les produits plus souvent abordés et supposément mieux connus fassent l’objet de moins de recherches, et ce, peut-être au détriment de l’information et de la sécurité.

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[1] Le “chemsex”, mélange de sexe et de drogue, une pratique qui se développe en Europe / AFP. La Libre, 2017.

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Infor-Drogues rejoint la campagne #STOP1921

Logo stop 1921La loi “drogues” fêtera ses 100 ans en 2021. La campagne #STOP1921 — lancée par les associations FEDITO BXL (Fédération Bruxelloise des Institutions pour Toxicomanes), Bruxelles Laïque et Liaison Antiprohibitionniste — a pour but de changer cette loi bientôt centenaire, mais aussi obsolète et répressive. Infor-Drogues se joint à ce mouvement.

Le but de la campagne #STOP1921 est de sensibiliser le public et les autorités de tous horizons et d’ouvrir le débat afin de réviser la loi sur les substances psychotropes. En effet, la criminalisation est loin de correspondre à une solution juste et viable, en regard de nos réalités actuelles.

Le Portugal est, depuis l’an 2000, un exemple à suivre en la matière. Les dossiers portant sur la consommation de drogues sont passés du système pénal au système de santé. Cela permet à la fois de soulager la justice de nombreuses procédures et d’offrir aux consommateurs la possibilité d’être suivis sur le plan médical et le plan psychologique. Depuis la dépénalisation de l’usage de drogues, le nombre d’overdoses et d’infections au VIH a fait une chute spectaculaire.

Or, bien que l’usage de drogues soit considéré comme un enjeu de santé publique en Belgique, la répression reste la réponse la plus courante à la consommation, au détriment de l’information et de la prévention. C’est pourquoi il nous semble important d’élargir le débat à l’opinion publique. Le but est de trouver ensemble comment repenser la loi “drogues” pour la rendre plus souple et adaptée.

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“Tout ce que vous croyez savoir sur la dépendance est faux”

Quelles sont les causes réelles de la dépendance – que ce soit à la cocaïne ou aux smartphones – et comment pouvons-nous la vaincre ? Johann Hari a vu les méthodes actuelles échouer, car il a observé des proches lutter pour contrôler leurs dépendances. Il s’est demandé pourquoi les toxicomanes étaient traités comme ça — et s’il n’y aurait pas une meilleure façon de s’y prendre. Ci-après, son speech en vidéo.

“The opposite of addiction isn’t sobriety – it’s connection”

Voir aussi : On a découvert les mécanismes probables de l’addiction, et ce n’est pas ce que vous pensez, de Johann Hari

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L’école doit-elle organiser des contrôles anti-drogues ?

panneauecoleLa question des contrôles anti-drogues dans les écoles reprend aujourd’hui du poil de la bête (si l’on peut dire) en France via la nouvelle Présidente de la Région Ile-de-France, Madame Valérie Pécresse.

Selon Infor-Drogues et d’autres associations regroupées au sein de la Concertation Réflexion Écoles-Police, quelques éléments importants ne doivent pas être perdus de vue…

  1. Les drogues sont, en général, peu présentes dans les écoles, en tout cas en Belgique. À cet égard, selon le Ministère de l’Intérieur lui-même, les résultats des opérations policières “coup-de-poing” avec chiens-drogues et fouilles ne saisissent en moyenne que 2 grammes de cannabis par opération. Notre analyse relative à ces opérations.
  2. A contrario, faire passer des tests-drogues n’empêchera rien, bien au contraire. Un peu comme le mythe de la “prison sans drogue”. D’une part, la focalisation des adultes sur la drogue va exciter certains adolescents à en consommer pour une image de rebelle, de caïd et d’autre part, il sera facile de ne pas se faire prendre en consommant des produits non-détectés comme par exemple du cannabis synthétique. Le problème étant que le cannabis synthétique est plus dangereux pour la santé que le cannabis naturel. Plus d’informations à propos du cannabis synthétique.
  3. Avec de tels tests et l’illusion de contrôle qu’ils procurent, l’éducation à cette thématique sera encore plus difficile. Or, c’est bien à un criant déficit éducatif à la question des consommation de drogues (légales et illégales) que nos jeunes sont confrontés. Plutôt que se mettre la tête dans le sable en faisant comme si on pouvait l’empêcher, il faut apprendre aux jeunes à comprendre plutôt qu’à subir. À ce titre, Infor-Drogues propose des pistes de solution exemplatives et des directeurs d’école témoignent d’autres pratiques intéressantes (page 18).
  4. Au final, les tests drogues ne vont servir selon nous qu’à punir et ne proposent rien de positif. Ils vont briser la nécessaire confiance entre l’école et ses élèves car leur mise en oeuvre part du principe que la parole et le comportement des élèves sont problématiques et doivent, à ce titre, être contrôlés. Ainsi, un élément essentiel pour favoriser la réussite scolaire sera atteint : la faculté d’identification à son école. Bref, si cette mesure se présente parfois comme une protection des plus faibles, elle sera au final répressive et excluante pour ces publics fragiles. Elle sera aussi antipédagogique pour tous les acteurs scolaires. L’école n’a rien a y gagner.
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En mille morceaux, une prévention relationnelle des consommations de psychotropes

En mille morceauxEn avril 2015, Nicolas Ancion et Infor-Drogues présentaient « En mille morceaux ». Un roman et un site internet destinés aux 15-17 ans. Aujourd’hui, ce projet se complète de pistes pédagogiques destinées aux enseignants du secondaire supérieur souhaitant travailler le roman dans leurs classes.

L’idée forte du projet est de confronter les adolescents à des personnages de fiction auxquels ils pourront s’identifier. À travers ces personnages, leurs parcours, leurs relations, leurs familles, leurs espoirs et leurs difficultés, le lecteur découvre comment chacun d’entre eux se débrouille : avec excès… ou pas. Le pari du livre est de faire découvrir les relations entre le personnage de fiction, son environnement et son comportement.

« Il nous semble particulièrement important de travailler la dimension éducative des consommations en faisant réfléchir à leur sens. Nous autres, humains, agissons bien souvent en fonction de nos relations c’est-à-dire de ce que nous voulons qu’ils pensent de nous, de la qualité des rapports que nous voulons avoir avec eux, etc. Dès lors, pour comprendre des comportements tels que la consommation de psychotropes (mot qui désigne les produits “qui donnent une direction à la pensée” c’est-à-dire les drogues légales et illégales), il nous faut réfléchir aux relations humaines » souligne Antoine Boucher, chargé du projet à Infor-Drogues.

Les pistes pédagogiques partent toutes du roman et des personnages de fiction pour que les élèves les utilisent sans devoir parler d’eux-mêmes. Parler et faire des liens leur procurera une connaissance ancrée dans la réalité, c’est-à-dire véritablement utile.

La brochure est diffusée gratuitement dans toutes les écoles secondaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pour obtenir la brochure physique, un renseignement ou un accompagnement, le service de prévention d’Infor-Drogues est joignable au 02 227 52 61.

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