Archive de l’étiquette cannabis

Le gouvernement français refuse de débattre de la législation cannabis

France

Infor-Drogues regrette qu’un débat d’une telle importance soit écarté d’un revers de la main.

En 2007 déjà, nous évoquions que tout débat à propos du cannabis avait disparu des médias. Nous en analysions les causes ainsi que les conséquences possibles, qui se trouvent vérifiées aujourd’hui.

ParInfor-Drogues

Plus qu’on fume du cannabis, plus qu’on devient con !

Idiot

C’est, en résumé, le résultat d’une étude scientifique américaine qui vient de paraître et qui fait grand bruit médiatique (voir ici, ici, ici ou, entre autres, encore ici). Elle démontre la baisse de quotient intellectuel (QI) chez les fumeurs réguliers de cannabis à l’adolescence.

Le cannabis est régulièrement l’objet d’études scientifiques et il est d’ailleurs intéressant de remarquer que seules les études en sa défaveur méritent une telle couverture médiatique. C’est comme cela depuis longtemps et notre article « Le cannabis dans les médias : un phénomène de société en quête d’objectivité et de débats » pourra être utilement relu dans ce cadre.

Pour en revenir à l’étude sur les rapports cannabis / QI, il n’est peut-être pas inutile de se demander comment celui-ci est mesuré. Les questions reflètent en général une manière de penser et d’utiliser un langage très scolaire, très « habituel », très normé… Or, et ce n’est sans doute pas contradictoire avec l’étude, de nombreux consommateurs de cannabis nous disent fumer ce produit pour se sentir autrement, pour se détendre, mais aussi, justement, pour « réfléchir autrement », pour créer d’autres associations d’idées. Donc, même sans certitude absolue que le cannabis produirait de tels effets, ce qui semble intéressant à relever c’est qu’il existe d’autres façons de réfléchir que celle mesurée par les tests de QI. Il n’est pas impossible que les consommateurs de cannabis les utilisent davantage. D’où un biais possible dans l’étude.

D’autre part, une baisse de QI ne signifie nullement « un cerveau abîmé ». Aucune étude n’a démontré que le cannabis détruisait les cellules du cerveau ou les empêchait de fonctionner. Par contre, chez certaines personnes prédisposées, une consommation abusive de cannabis peut aggraver un certain nombre de troubles comme l’anxiété, la panique, la dépression,…

Enfin, comment en parler avec les jeunes consommateurs ? Seront-ils sensibles à ce nouvel argument scientifique ? Et bien, il y a beaucoup de chance pour que les arguments à propos de leur santé ne les touchent guère. L’âge adulte, c’est loin, et la prévention par la peur cela ne fonctionne pas. En fait, la consommation de cannabis est souvent liée à l’image qu’on veut donner de soi-même. Dès lors, ne faudrait-il pas plutôt changer radicalement l’image du cannabis en tant que produit dangereux (donc héroïque) plutôt que de sans cesse la renforcer et, de ce fait, en promouvoir paradoxalement l’usage ?

ParInfor-Drogues

Patrick Moriau propose des “boutiques cannabis sous contrôle public”

CannabisLe député a présenté sa proposition sur les ondes de la radio Vivacité ce 18 octobre (émission « c’est vous qui le dites ») et dans les pages de la Dernière Heure également du 18 octobre. Il revient ainsi avec une proposition qui avait fait couler beaucoup d’encre en… 1995 !

Qu’en pense le secteur ‘Toxicomanies’ ?

Les questions autour du statut légal du cannabis : faut-il le légaliser ?, le dépénaliser ?, ouvrir des boutiques ?, maintenir la prohibition ? auront été d’actualité de 1995 (proposition de Mr Moriau) jusqu’en 2005. Entre ces deux dates le Parlement a mis sur pied un groupe de travail (1996-1997) qui a produit un volumineux et très instructif rapport. Malheureusement il ne fut pas mis en œuvre. Ensuite, durant le premier gouvernement ‘arc-en-ciel’ (1999-2003) la controverse ‘cannabis’ a fait rage entre les écolos et les libéraux. Elle a débouché en 2003 sur une loi qui fut partiellement annulée par la Cour d’Arbitrage fin 2004. Cela fait donc sept ans que cette thématique est « sous le boisseau » sans que la loi n’ait été réécrite.

Depuis 2005, le secteur ‘Toxicomanies’ bruxellois, dont fait partie Infor-Drogues, propose des pistes pour une politique plus cohérente et plus efficace. Nous vous proposons le lien vers le texte de ces ‘réflexions’. Le secteur ne prétend pas, avec ces propositions, ‘tout régler’. Aucune loi ne peut faire cela. La thématique de la consommation du cannabis est complexe, il ne peut y avoir de réponse simple, univoque et automatique. Néanmoins, il nous semble important de réfléchir aux réponses les plus appropriées. Le débat autour de cette question doit revenir sur la place publique et le secteur spécialisé doit y prendre sa part, nous en sommes convaincus.

Le texte CANNABIS du secteur « Toxicomanies » bruxellois aborde différentes parties :
– Quels effets sur le consommateur ?
– Les facteurs culturels et contextuels – Une question de Santé publique
– Une question éthique – Repenser le statut juridique du cannabis
– Quelques pistes pour une législation plus cohérente
– Pour une relance du débat
Pour aller plus loin
Nous vous invitons à prendre connaissance des « Rencontres cannabis » que le secteur bruxellois a organisé avec les professionnels de l’enseignement (partie 1), de la police et de la justice (partie 2) et du médical (partie 3) à propos du statut légal du cannabis. Infor-Drogues a édité une affiche « Si la loi n’interdit plus les drogues, tout sera permis aux jeunes ? » qui ouvre la réflexion.

ParInfor-Drogues

Jeunes, GSM et cannabis : quand la pub joue au dealer…

TMF-mobile

Une campagne de publicité vient d’être lancée pour convaincre les jeunes adolescents d’adhérer à l’offre de TMF Mobile [1].

Cette campagne, pour persuader leur cible, utilise un graphique qui n’est pas sans rappeler une feuille de cannabis, dont les feuilles sont faites de téléphones portables, accompagnée d’un slogan accrocheur “LEGALIZE IT”. Le CRIOC, Univers^santé et Infor-Drogues dénoncent cette publicité irresponsable et demandent, une nouvelle fois, que les pratiques publicitaires soient mieux encadrées.

La publicité et les jeunes

Comme tout le monde le sait, les jeunes sont particulièrement sensibles à la publicité. Aujourd’hui, en matière de publicité et de marketing, se sont développées de nouvelles pratiques commerciales agressives et ciblées. Ce constat avait déjà été fait dans le dossier “Les publicitaires savent pourquoi. Les jeunes, cibles des publicités pour l’alcool” [2]

Aujourd’hui, pour vendre un produit, la publicité doit proposer des « contenus » qui frappent, qui émeuvent, qui touchent.

Pour toucher et sensibiliser les jeunes adolescents, les publicitaires n’ont pas hésité à mettre en avant, la consommation du cannabis et à se positionner pour sa légalisation. Il s’agit d’une pratique publicitaire presque systématique : pour valoriser son produit, il faut l’enrober d’un appel à la transgression. Transgression de la politesse, de la propreté, de l’autorité parentale et, dans ce cas-ci, de la loi pénale. [3]

Le cannabis et les jeunes

Soyons clair. Notre rôle n’est pas de mettre le cannabis sur le banc des accusés mais bien les publicitaires qui n’hésitent pas à en faire un argument commercial pour la vente de leurs produits.

Que le cannabis soit dangereux ou pas, qu’il doive être légalisé ou pas, sont des questions dont il peut être logiquement et raisonnablement débattu. Cependant, le fait qu’il s’agisse d’une substance psychoactive et interdite est un fait incontesté. A ce titre, que celle-ci soit utilisée comme argument de vente est inacceptable, d’autant plus quand le message est adressé aux plus jeunes.

En agissant de la sorte, les publicitaires font indirectement la promotion du cannabis et, plus largement, incitent l’adolescent à se croire obligé de transgresser pour exister. Or, d’une part, le cannabis, quelle que soit l’opinion portée sur sa dangerosité, est un produit tentant pour les jeunes, curieux d’essayer de nouvelles expériences et, d’autre part, les messages d’incitation à la transgression ne devraient pas être autorisé, surtout à destination des adolescents.

Gardons-nous de diaboliser mais soyons attentifs à une banalisation de la consommation de cannabis chez les jeunes, qui fait fi de l’énorme travail de prévention, d’information et de sensibilisation effectué sur les substances psychoactives par les professionnels de la santé. Si certaines personnes peuvent avoir une consommation responsable et modérée, on ne peut occulter les problèmes que ces drogues peuvent occasionner chez d’autres.

La promotion de la santé publique et du vivre ensemble ne devrait pas pouvoir être altérée et dénigrée par des industriels qui mettent en valeur, pour leurs profits immédiats, des produits et des comportements illégaux.

Rappels importants

La culture, l’importation, la vente, l’offre en vente et la détention de cannabis restent toujours interdites dans tous les cas.

Le CRIOC, Univers santé et Infor-Drogues souhaitent, à l’appui de ce nouvel exemple, réitérer une nouvelle fois la nécessité d’encadrer et de réguler plus fortement la publicité par une législation plus précise et contraignante, et par la création d’un Observatoire de la Publicité, outil de dialogue et de concertation à vocation scientifique. Un tel outil permettrait de développer une véritable éthique publicitaire qui soit en adéquation avec les concepts de responsabilité sociétale des entreprises et de développement durable.

  • Le CRIOC, Alexis Moerenhout (Consumer & Public Affairs Counsellor) Tél 02/547 06 33
  • Univers santé, Martin de Duve (Directeur). Tél : 010/473374 – GSM : 0478/206377
  • Infor-Drogues, Antoine Boucher (Responsable Communication). Tél : 02/2275265

[1] Proximus a récemment hérité de l’offre jeune TMF Mobile de Base. Les 285.000 clients concernés “appartiennent” toujours à Base, qui les a déjà migrés vers sa nouvelle offre Jim Mobile. Les nouveaux partenaires, quant à eux, se doivent donc de déployer des efforts relativement importants pour convaincre ces 285.000 clients de les suivre.

[2] Les dossiers de l’éducation aux médias n°3, Media Animations, 2007: Les publicitaires savent pourquoi – Les jeunes, cibles des publicités pour l’alcool (Télécharger au format pdf). Coécrit par le groupe porteur “Les jeunes et l’alcool”, qui mène en Communauté française réflexions et actions pour une consommation plus responsable et moins risquée d’alcool par les jeunes et qui réunit les associations suivantes; Fédération des centres de jeunes en milieu populaire – Fédération des Etudiant(e)s Francophones – Groupe RAPID – Infor-Drogues – Jeunesse et Santé – Ligue des Familles – Latitude Jeunes – Prospective Jeunesse – Univers santé.

[3] Ce n’est évidemment pas le premier cas du genre. Pour rappel, Infor-Drogues avait dénoncé dès septembre 2004 le même usage de la cocaïne.

Voir aussi :
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