Archive de l’étiquette cannabis

Le CBD est-il légal en Belgique ?

cbdJusqu’à présent, il régnait en Belgique un certain flou autour de la question de la légalité du cannabidiol (CBD), une des molécules qui compose le cannabis. Selon l’association Droits Quotidiens et après consultation du Parquet, il semble finalement que le CBD soit légal, du moins pour le moment. Il se situe en fait dans un vide juridique. Autrement dit, aucune loi n’interdit cette substance, car elle n’est pas considérée comme un psychotrope.

Le CBD n’aurait pas d’effets sur l’état du système nerveux [1], contrairement au tétrahydrocannabinol, couramment appelé THC, autre cannabinoïde principalement présent dans le cannabis. Les différents produits (feuille, huile, pâte, liquide pour cigarette électronique, etc.) contenant du CBD sont donc autorisés tant que leur taux de THC reste en dessous des 0,2 %. Cette limite s’applique dans la plupart des pays européens.

À l’heure actuelle, de plus en plus d’études scientifiques sont menées sur le CBD. Il est majoritairement observé que cette molécule calme le consommateur et décontracte les muscles. On prête également au CBD des effets antistress, antidépressifs, antioxydants, anti-inflammatoires, antiépileptiques, etc. Il semble donc que le cannabidiol, indépendamment du THC, produise de nombreux effets positifs. [2]

En Suisse, le cannabis — avec un fort taux de CBD et moins de 1 % de THC — est commercialisé dans des boutiques spécialisées et certains bureaux de tabacs depuis 2011 et taxé de la même façon que le tabac [3]. En France, le cannabis à forte teneur en CBD peut désormais être légalement importé tant qu’il contient moins de 0,2 % de THC. Il n’est cependant autorisé que pour le vapotage [4]. Par ailleurs, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament en France veut faire totalement interdire les e-liquides au CBD car les cigarettes électroniques ne sont pas considérées comme un médicament [5].

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Pour en savoir plus :

[1Produits contenant du Cannabidiol (CBD) : vue d’ensemble et aide à l’exécution. Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP), 2017

[2] Fiche d’information CBD. Addiction Suisse, 2017

[3] La Suisse, une oasis pour le cannabis légal. RTBF, 2017. — Le « cannabis light » est en vente en Suisse. Le Monde, 2017

[4] En France, il est possible de vapoter du cannabis. France Info, 2017

[5] Cannabis pour vapoteuse : « On ne sait pas si c’est inoffensif pour la santé ». Le Parisien, 2017

Alcool et cannabis : quelques pistes concernant les voyages scolaires

Voyages scolairesInfor-Drogues souhaite aider les acteurs éducatifs, dans le respect de leurs missions, à anticiper et à prévenir ce qui se passera lors des voyages scolaires. Les stratégies proposées dans la brochure se veulent réalistes car basées sur les hypothèses explicatives du comportement des élèves. Cela ne signifie pas un abandon d’autorité ou un prétendu laxisme face aux transgressions (extrait de l’introduction).

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La brochure est également disponible en version papier en échange d’un timbre pour l’envoi.

 

Sommaire de la brochure
  • C’est quoi un voyage scolaire ?
  • Le voyage scolaire est-il source de stress ?
  • À quoi sert l’alcool ? Et le cannabis ? Ouvrons la discussion avec les élèves.
  • Existe-t-il des réglementations générales quant à la gestion de l’alcool et du cannabis ?
  • Que mettre dans le R.O.I. à propos de l’alcool, des drogues et des voyages scolaires ?
  • Conclusion

Le cannabis synthétique, késako ?

Cannabis synthétiqueDe plus en plus, on entend parler de cette nouvelle substance, connue aussi sous le nom de Spice. Mais de quoi s’agit-il au juste ?

Le cannabis synthétique est une substance chimique fabriquée pour ses effets psychotropes plus ou moins similaires à ceux du THC. Le THC est la substance psychotrope principale de la plante cannabis. A ce titre, c’est le THC qui est interdit par la loi. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les producteurs de cannabis synthétique préfèrent fabriquer une autre substance. Si cette dernière n’est pas interdite, elle pourra être vendue comme « produit légal » et ne fera pas l’objet de détection lors des tests de police, d’embauche ou autre.

Le cannabis de synthèse est vendu sous la forme d’herbes ou de feuilles sur lesquelles on a pulvérisé le produit synthétique. Sa commercialisation se fait en général en petits sachets vendus sous le nom de Spice sensé être utilisé comme encens.
Quel est le cannabinoïde synthétique fabriqué ? Les producteurs ont le choix puisque les possibilités sont presque infinies. Chaque producteur peut produire une substance différente. En général, parce qu’elle est facile à fabriquer avec les produits à sa disposition (on parle de précurseurs). De toute façon, ils peuvent en changer en fonction de l’évolution de la loi (arrêter de fabriquer une substance devenue interdite). Du coup, le consommateur final ne sais jamais ce qu’il achète. Les effets peuvent parfois être très différents d’une substance à l’autre, voire difficilement contrôlables.
La pulvérisation du principe actif est souvent très aléatoire ce qui rend le dosage très difficile voire impossible pour le consommateur. Certains cannabis de synthèse sont vendus sous forme de poudre qui peut être incorporée directement dans la cigarette ou le joint. Mais la concentration en principe actif est souvent telle que le dosage reste très difficile.
La plante de cannabis produit +/- 80 cannabinoïdes différents. Chacun d’eux ayant des propriétés et des dosages différents. Quand la plante est fumée, ce sont donc toutes ces substances qui sont consommées simultanément. Par opposition, fumer du cannabis synthétique, c’est ne prendre qu’une seule substance. C’est important de le souligner car nous observons une fois de plus que la nature est bien faite. En effet, en fumant du cannabis naturel, tous les cannabinoïdes vont interagir entre eux et certains effets néfastes du THC vont être contrebalancés par les effets d’autres substances. Bien évidemment, les producteurs clandestins de cannabis synthétique ne s’amusent pas à fabriquer un produit aussi complexe. Cela à pour conséquence que des effets potentiellement délétères sur la santé mentale sont exacerbés.
En conclusion, le cannabis synthétique est très différent du cannabis naturel. Il n’a ni le même goût, ni les mêmes effets. Il est potentiellement plus dangereux car difficile à doser et comprenant une substance active parfois inconnue.
Le cannabis synthétique doit son existence à l’interdiction du cannabis naturel auquel il propose une alternative ‘légale’ même si cette dernière augmente le risque pour la santé.

Pour en savoir plus :

http://www.emcdda.europa.eu/publications/drug-profiles/synthetic-cannabinoids/fr
http://www.chanvre-info.ch/info/fr/Cannabis-de-synthese-attention.html

 

« Le Monde » pris en flagrant délit de dramatisation du cannabis

Le MondeInfor-Drogues relève régulièrement des articles de presse (ou émissions médiatiques au sens large) qui manquent singulièrement d’objectivité quant au cannabis (par exemple ici, ici ou ici). L’observatoire des médias ACRIMED (Action-Critique-Médias) vient de prendre le Journal Le Monde en flagrant délit de désinformation à propos de ce produit.

Nous continuerons à dénoncer inlassablement de tels articles car la peur qu’ils produisent rend le phénomène à la fois dramatique et incompréhensible. Le citoyen étant perdu, il aura tendance à s’en remettre entièrement aux « experts » (les médias, les policiers, les médecins) au lieu de remettre en question leur discours et leur solution.

Jean-Jacques Jespers (ancien présentateur du JT de la RTBF) nous explique ici pourquoi les médias parlent des drogues en ces termes.

Cannabis thérapeutique, première avancée ?

Cannabis thérapeutiqueLa Ministre de la santé, Maggie De Block, prépare un arrêté royal autorisant la délivrance d’un médicament à base de cannabis (le Sativex) actif dans le traitement de la sclérose en plaques. Infor-Drogues souligne le caractère positif de cette mesure mais souhaite que la Ministre s’inspire d’études scientifiques sérieuses (comme celle-ci ou celle-là) afin d’autoriser l’usage thérapeutique du cannabis face à d’autres maladies ou symptômes (nausées, maux de tête, insomnies, vertiges, épilepsie, glaucome, maladies invalidantes comme le cancer, le sida, etc).

Ce serait en effet une avancée essentielle pour les très nombreux consommateurs de cannabis qui l’utilisent pour soulager leurs douleurs physiques. Ces personnes nous disent que leur consommation de cannabis est liée au constat qu’il n’existe pas d’équivalent parmi les médicaments disponibles. Cette substance les soulage et ils ne sont, pour la plupart, pas disposés à s’arrêter même face à une possible condamnation judiciaire (témoignages ici ou ici).

Dès lors, n’est-il pas urgent d’élargir le cadre thérapeutique du cannabis afin que toutes ces personnes en souffrance puissent avoir accès à des produits de qualité contrôlée, ne soient plus confrontées au marché noir ou, pire, menacées judiciairement ?

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