Archive de l’étiquette jeunes

Les assuétudes des jeunes, émission RTL +

Infor-Drogues et un psychiatre de Saint-Luc étaient invités à répondre aux questions des téléspectateurs à l’émission RTL + de ce 26 septembre 2012.

Si vous n’apercevez pas d’encadrement vidéo ci-dessus, il est probable que votre navigateur empêche son affichage (si vous avez installé l’extension Adblock sous Firefox par exemple).
Nous vous invitons dans ce cas à visionner la vidéo via ce lien.

Interdire la bière jusqu’à 18 ans. Est-ce une bonne idée ?

Le rapport européen de l’OMS consacré à la réduction de l’usage nocif d’alcool pour les années 2012 – 2020 propose une série d’actions aux Etats. Parmi elles, l’interdiction de vendre tout alcool avant 18 ans [1].
Qu’en penser ?

Le même rapport de l’OMS reconnaît pourtant que l’application de ce type de législation est le « maillon faible » des politiques « anti-alcool ». En effet, le nombre de points de vente à contrôler est énorme et les commerçants sont en général peu enclins à ne pas vendre aux jeunes [2].

Quant aux consommations des jeunes, elles sont plutôt stables pour les jeunes de 13 à 17 ans et même en recul pour les plus jeunes (enfants de 5ème et 6ème primaire) [3].

Un récent coup de gueule des associations du groupe « Jeunes, Alcool & Société » dénonce les slogans prétendant réserver la bière aux adultes. Ainsi, un interdit aux moins de 18 ans ne serait peut-être pas un handicap commercial. La bière gagnerait en image de produit pour les « vrais hommes », ayant de la « maturité » et de « l’expérience de vie ». La campagne dénoncée par « Jeunes, Alcool & Société », visible en ce début juin dans nos rues, interdit elle-même sa bière aux « moins de 35 ans ».

Interdit aux moins de 35 ans


En cas d’interdiction aux moins de 18 ans, la publicité pourra encore plus facilement jouer sur le registre du « produit fort » pour « les hommes forts ».

A cet égard, rappelons le paradoxe dans lequel se trouvent les jeunes vis-à-vis des alcopops ou de l’alcool distillé : une interdiction d’achat alors qu’ils sont les cibles de campagnes marketing effrénées. Infor-Drogues rappelle sa proposition, partagée par le groupe « Jeunes, Alcool & Société », d’interdire, non pas l’alcool, mais bien la publicité pour l’alcool. Par ailleurs, le rapport de l’OMS suggère que chaque commerce vendant de l’alcool soit soumis à une licence spécifique qui pourrait être révoquée en cas d’infraction. L’OMS observe aussi que les pays disposant d’un monopole d’Etat ont « un nombre plus limité de points de vente et des heures d’ouverture moins étendues que dans les pays où cette activité ressort du secteur privé ».


[1] La Belgique autorise la vente d’alcool fermenté (bière et vin) à partir de 16 ans. La vente d’alcool distillé n’est pas autorisée avant 18 ans.
[2] Quant aux motivations des commerçants, nous renvoyons à notre document « L’alcool et les jeunes : nouvelles règles, quelle efficacité ? »
[3] FAVRESSE D., (2011), Les usages d’alcool à l’adolescence, in Promouvoir la santé à l’école, 35 :3-4, septembre 2011.

Outox nous intoxique !

Outox

Outox, la boisson « miracle » qui réduirait le taux d’alcool dans le sang et la gueule de bois après son ingestion qui fait son apparition à travers un large buzz bien orchestré par la marque sur le net et dans nos médias (et ce n’est pas le fruit du hasard) s’apparente tout-à-fait à de la poudre de Perlimpinpin.

Il n’existe aucune preuve scientifique qui soutiendrait l’efficacité de cette potion magique. Bien au contraire ! Le Crioc a fait l’état des lieux quant aux recherches scientifiques existantes sur le produit : « Une étude scientifique menée par l’Institut de Médecine Légale de l’Université d’innsbruck en Autriche conclut que Outox n’augmente pas le taux d’élimination de l’alcool absorbé (Outox does not increase the alcohol elimination rate) mais permettrait uniquement une absorption gastrique plus lente de l’alcool (selon le profil des individus) et que l’allégation de santé associée au produit ne peut être prouvée du point de vue scientifique. Bref, un grand coup de bluff pour pas grand chose. » Cela signifie donc que l’alcool sera bel et bien absorbé dans le sang. Il en est de même quant à l’élimination de l’éthanol : à titre de comparaison, là où il faudrait une heure pour éliminer un drink, il en faudrait 55 minutes grâce au fameux produit « miracle ». Pas de quoi pavoiser donc !

Ce qui est sûr, cependant, c’est que la promotion de ce produit contribue une nouvelle fois à une évolution regrettable, à savoir l’incitation à boire, la banalisation de comportements extrêmes en matière de consommation d’alcool et des risques qui en découlent. En effet, « Faire chuter le taux d’alcool dans le sang » n’est utile que pour ceux qui ont bu des quantités importantes. Cette promesse incite à boire plus d’alcool que raisonnable…

Une fois de plus, c’est bien beau que le monde adulte (en général) se plaigne de la consommation d’alcool des jeunes mais à travers ce nouvel exemple de dérapage commercial, ce sont aussi les adultes qui inondent les jeunes de publicités et maintenant de boissons pour, soit disant, atténuer les effets de l’alcool. L’incohérence des messages envoyés aux jeunes est à nouveau flagrante.

Il est maintenant urgent que l’industrie se responsabilise plutôt que de s’enrichir sur le dos des consommateurs et se taire dans toutes les langues quand ces derniers sont accablés pour leurs « dérives ». Les publicitaires et les alcooliers sont les rois pour trouver le slogan ambigu qui ne pourra pas être attaqué par leur propre code de bonne conduite (seule l’autorégulation existe en Belgique) mais qui sera malgré tout bel et bien interprété comme une incitation à boire de l’alcool.

Cette pratique consiste bien plus à se faire de l’argent sur le dos de consommateurs crédules que de participer à réduire les risques d’une consommation abusive. Il n’existe pas de vigilance et de bon sens en canette. Seules les mesures de prévention et de promotion de la santé peuvent contribuer concrètement à la réduction des risques et à la responsabilisation des consommateurs.

A nouveau, ce dérapage met en évidence toutes les limites de l’autocontrôle des pratiques commerciales en Belgique. Il est temps de réagir ! Les associations qui forment « Jeunes, Alcool & Société » demandent l’interdiction de la publicité pour l’alcool. De plus, notre pays doit se doter d’un organe public, transparent et au pouvoir réellement contraignant pour observer, contrôler et sanctionner les pratiques commerciales et publicitaires douteuses, quel que soit le produit.

Le Groupe porteur « Jeunes, alcool et société » : Univers-Santé, Infor-Drogues, Latitude Jeunes, Fédération des Etudiant(e)s Francophone, Jeunesse et Santé, la ligue des Familles, Prospective Jeunesse, R.A.P.I.D., la Fédération des centres de jeunes en milieu populaire.
www.jeunesetalcool.be

Jeunes, GSM et cannabis : quand la pub joue au dealer…

TMF-mobile

Une campagne de publicité vient d’être lancée pour convaincre les jeunes adolescents d’adhérer à l’offre de TMF Mobile [1].

Cette campagne, pour persuader leur cible, utilise un graphique qui n’est pas sans rappeler une feuille de cannabis, dont les feuilles sont faites de téléphones portables, accompagnée d’un slogan accrocheur « LEGALIZE IT ». Le CRIOC, Univers^santé et Infor-Drogues dénoncent cette publicité irresponsable et demandent, une nouvelle fois, que les pratiques publicitaires soient mieux encadrées.

La publicité et les jeunes

Comme tout le monde le sait, les jeunes sont particulièrement sensibles à la publicité. Aujourd’hui, en matière de publicité et de marketing, se sont développées de nouvelles pratiques commerciales agressives et ciblées. Ce constat avait déjà été fait dans le dossier « Les publicitaires savent pourquoi. Les jeunes, cibles des publicités pour l’alcool » [2]

Aujourd’hui, pour vendre un produit, la publicité doit proposer des « contenus » qui frappent, qui émeuvent, qui touchent.

Pour toucher et sensibiliser les jeunes adolescents, les publicitaires n’ont pas hésité à mettre en avant, la consommation du cannabis et à se positionner pour sa légalisation. Il s’agit d’une pratique publicitaire presque systématique : pour valoriser son produit, il faut l’enrober d’un appel à la transgression. Transgression de la politesse, de la propreté, de l’autorité parentale et, dans ce cas-ci, de la loi pénale. [3]

Le cannabis et les jeunes

Soyons clair. Notre rôle n’est pas de mettre le cannabis sur le banc des accusés mais bien les publicitaires qui n’hésitent pas à en faire un argument commercial pour la vente de leurs produits.

Que le cannabis soit dangereux ou pas, qu’il doive être légalisé ou pas, sont des questions dont il peut être logiquement et raisonnablement débattu. Cependant, le fait qu’il s’agisse d’une substance psychoactive et interdite est un fait incontesté. A ce titre, que celle-ci soit utilisée comme argument de vente est inacceptable, d’autant plus quand le message est adressé aux plus jeunes.

En agissant de la sorte, les publicitaires font indirectement la promotion du cannabis et, plus largement, incitent l’adolescent à se croire obligé de transgresser pour exister. Or, d’une part, le cannabis, quelle que soit l’opinion portée sur sa dangerosité, est un produit tentant pour les jeunes, curieux d’essayer de nouvelles expériences et, d’autre part, les messages d’incitation à la transgression ne devraient pas être autorisé, surtout à destination des adolescents.

Gardons-nous de diaboliser mais soyons attentifs à une banalisation de la consommation de cannabis chez les jeunes, qui fait fi de l’énorme travail de prévention, d’information et de sensibilisation effectué sur les substances psychoactives par les professionnels de la santé. Si certaines personnes peuvent avoir une consommation responsable et modérée, on ne peut occulter les problèmes que ces drogues peuvent occasionner chez d’autres.

La promotion de la santé publique et du vivre ensemble ne devrait pas pouvoir être altérée et dénigrée par des industriels qui mettent en valeur, pour leurs profits immédiats, des produits et des comportements illégaux.

Rappels importants

La culture, l’importation, la vente, l’offre en vente et la détention de cannabis restent toujours interdites dans tous les cas.

Le CRIOC, Univers santé et Infor-Drogues souhaitent, à l’appui de ce nouvel exemple, réitérer une nouvelle fois la nécessité d’encadrer et de réguler plus fortement la publicité par une législation plus précise et contraignante, et par la création d’un Observatoire de la Publicité, outil de dialogue et de concertation à vocation scientifique. Un tel outil permettrait de développer une véritable éthique publicitaire qui soit en adéquation avec les concepts de responsabilité sociétale des entreprises et de développement durable.

  • Le CRIOC, Alexis Moerenhout (Consumer & Public Affairs Counsellor) Tél 02/547 06 33
  • Univers santé, Martin de Duve (Directeur). Tél : 010/473374 – GSM : 0478/206377
  • Infor-Drogues, Antoine Boucher (Responsable Communication). Tél : 02/2275265

[1] Proximus a récemment hérité de l’offre jeune TMF Mobile de Base. Les 285.000 clients concernés « appartiennent » toujours à Base, qui les a déjà migrés vers sa nouvelle offre Jim Mobile. Les nouveaux partenaires, quant à eux, se doivent donc de déployer des efforts relativement importants pour convaincre ces 285.000 clients de les suivre.

[2] Les dossiers de l’éducation aux médias n°3, Media Animations, 2007: Les publicitaires savent pourquoi – Les jeunes, cibles des publicités pour l’alcool (Télécharger au format pdf). Coécrit par le groupe porteur « Les jeunes et l’alcool », qui mène en Communauté française réflexions et actions pour une consommation plus responsable et moins risquée d’alcool par les jeunes et qui réunit les associations suivantes; Fédération des centres de jeunes en milieu populaire – Fédération des Etudiant(e)s Francophones – Groupe RAPID – Infor-Drogues – Jeunesse et Santé – Ligue des Familles – Latitude Jeunes – Prospective Jeunesse – Univers santé.

[3] Ce n’est évidemment pas le premier cas du genre. Pour rappel, Infor-Drogues avait dénoncé dès septembre 2004 le même usage de la cocaïne.

Voir aussi :
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Les jeunes à 0.2 ‰ d’alcool ?

Ethylotest

Le Secrétaire d’État à la mobilité, Étienne Schouppe, propose de faire passer la tolérance de 0,5 ‰ à 0,2 ‰ d’alcool dans le sang pour les nouveaux conducteurs. Cette mesure durerait deux ans après l’obtention du permis de conduire.

Cette mesure participe d’une volonté légitime de diminuer les accidents de la route impliquant des jeunes, Infor-Drogues ne le nie pas mais constate néanmoins que ce type de mesure répressive accroît fortement la pression sur les jeunes en les désignant publiquement comme mauvais conducteurs et/ou comme buvant trop.

De plus, le taux autorisé est extrêmement faible et ne permet même pas l’absorption d’un seul verre d’alcool. Dès lors, cette mesure est-elle réaliste ? Enfin, ce type d’action répressive devrait au moins être encadrée par d’autres mesures plus positives et cohérentes : interdiction de la publicité pour l’alcool à destination de ce public, création ou extension de modes de transports plus sécurisés (bus de nuit, etc.), offre de cours de « conduite défensive » gratuits, promotion de la fête sans alcool, etc.

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