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[TV Infor-Drogues] Avec Thomas Gaon, construire des nouveaux repères à l’ère de la transition numérique

Transition numériqueAujourd’hui, il y a entre six et sept écrans dans chaque foyer, et le télétravail est plus que jamais une réalité. De plus en plus présents dans nos vies, et en particulier dans celles des plus jeunes, les mondes numériques et les jeux vidéos offrent de nombreuses possibilités, aussi bien en matière de relation, que de divertissement, d’emploi, etc. Mais comme tout comportement, chaque pratique peut vouloir dire différentes choses pour différents individus et peut commencer à prendre plus de place. Comme toute nouveauté technologique, elle peut susciter la crainte de ceux qui ne la connaissent pas.

Qu’est ce qui pousse certains à autant s’investir dans le virtuel ? Comment savoir quand et s’il prend trop de place, ou juste assez ? Est-ce que ce que vous pensez savoir de ces espaces et ses pratiques est faux ? Comment s’adapter à ces nouvelles pratiques et construire ensemble de nouveaux repères où la société prend en compte cette transition numérique ? Thomas Gaon, Psychologue clinicien à l’hôpital Marmottan à Paris, en discute avec Sarah Uijt Den Bogaard, formatrice au sein de notre service prévention.

 

[TV Infor-Drogues] Entretien avec Mark Hunyadi : le numérique, la confiance et la santé

Depuis plusieurs années, le numérique fait partie intégrante de notre quotidien. Vie sociale, finances, santé, voyages, scolarité, etc, de plus en plus d’aspects de nos vies sont numérisés, sans qu’on sache toujours bien pourquoi et dans quel but. C’est pourtant à chaque fois une toute nouvelle relation qui se noue. Une relation sécurisée avec une machine qui prend alors la place d’une relation organique qu’on pouvait auparavant avoir avec une autre personne. Mais avec cette nouvelle relation, vient tout un nouveau jeu d’attentes et de comportements, sur lesquels il n’y a que peu de moyens de marquer son accord, et encore moins de compromettre.

Une transition vers le numérique et ses codes qui n’a pas épargné notre secteur social-santé et qui, si elle vient avec des avantages non négligeables, comporte aussi des risques, qui pourraient concerner note service permanence. Pour en parler, ainsi que de l’avenir du secteur de l’aide et des soins à l’aire du numérique, nous recevons Mark Hunyadi, professeur de philosophie sociale, morale et politique à l’Université catholique de Louvain, auteur et membre des Comités éthiques d’Orange (France) et INRAE-CIRAD-IFREMER-IRD.

 

Le GHB, une drogue pour violer ? Allons plus loin.

Drogue GHB agressions

En tant qu’institution spécialisée dans les questions de consommation de produits psychotropes, une de nos missions principales est de fournir de l’information à ce sujet. Dans ce cadre, nous répondons régulièrement aux médias afin d’apporter au public une information plus pertinente par rapport à un discours très souvent centré sur les produits, qui se soucie bien trop peu du contexte qui les entoure. Alors que nous nous efforçons d’offrir une alternative aux idées reçues et aux traitements de surface de ces sujets, nous constatons encore trop souvent que la contextualisation que nous offrons est complètement laissée de côté.

Dernier sujet en date, les questions autour des agressions sexuelles et du GHB ne font pas exception. Ainsi, il nous semblait important de compléter le discours centré sur le produit par des précisions essentielles. Dans ce genre de situation, le problème central n’est pas le produit employé, mais bien l’agression sexuelle en elle-même. Des agressions qui n’ont pas lieu que dans des ruelles sombres ou des bars louches comme beaucoup se le représentent.

Les violences sexuelles sont présentes dans toute la société car elles sont une conséquence, certes extrême mais pas moins réelle, d’une société où les femmes et les minorités de genre restent perçues comme inférieures aux hommes. Dans trop d’endroits et de représentations, véhiculés notamment par la publicité, la femme reste un objet à leurs yeux. Cette culture s’exprime également dans les médias quand des sujets comme celui des violences sexuelles et de la drogue font la une de l’actualité. Seules les substances utilisées, comme l’alcool ou le GHB, sont mises en lumière, comme si elles étaient détachées de l’agresseur qui en profite. La légitimité des victimes est quasi systématiquement remise en cause. Le système, lui, n’est jamais remis en question. Les représentations valorisant une forme agressive de masculinité, véhiculées entre autres par les médias, contribuent à maintenir les femmes et les minorités de genre dans une position inférieure, avec des conséquences allant de l’écart salarial jusqu’au viol ou au féminicide.

Bien avant le GHB, ce qui permet les agressions dont on parle actuellement, c’est avant tout le patriarcat en tant que système et la culture du viol comme symptôme. Cela donne une société où la parole de victimes est mise en doute, où les agressions sexuelles sont excusées ou valorisées, où les agresseurs subissent rarement les conséquences de leurs actes, où les victimes n’osent que rarement porter plainte ou même parler de ce qu’iels ont vécu. Que l’agresseur soit un inconnu, un barman, un ami, un compagnon ou n’importe qui d’autre, et peu importe l’endroit, ce sont les mécanismes d’une société où les violences faites aux femmes et minorités de genre sont encore tellement ancrées qui doivent changer radicalement.

Bien sûr, une ingestion involontaire et malveillante de GHB est une expérience horrible, et encore bien plus si elle mène à subir une agression sexuelle. Jamais cela ne doit être remis en question. Cependant, les agressions sexuelles et autres situations de mise en danger se produisent qu’il y ait ou non GHB. Ces actes d’une violence extrême peuvent être commis dans un contexte de consommation de n’importe quelle drogue, légale ou illégale, ou sans aucun produit. Une personne peut subir une agression sexuelle après avoir ingéré du GHB, des somnifères, de l’alcool, des pâtisseries, de l’eau, etc. et ça ne sera jamais la faute de cette personne. Cela ne devrait même jamais se produire. Un agresseur peut passer à l’acte après avoir consommé de l’eau, de l’alcool, du thé, du cannabis, du chocolat, du GHB[1], etc. et ça sera toujours sa faute à lui.

Mais ces représentations sont encore bien trop présentes et font croire qu’il existe un « bon » type de victime, et un « bon » type d’assaillant. La faute à une culture qui fait croire aux agresseurs que les autres, les femmes en particulier, sont leur propriété, qu’ils peuvent s’en saisir et en faire ce qu’ils veulent sans se poser de questions et, dans l’immense majorité des cas[2], sans risquer aucune conséquence judiciaire ou sociale. Une culture rétrograde que certains imaginent tellement immuable que ce sont aux victimes d’organiser leurs vies pour s’y adapter. De ne pas laisser leurs verres sans surveillance, ne pas sortir seules, ne pas aller dans des bars, ne pas boire un verre, avoir peur de demander l’aide d’un employé, ne pas porter certains vêtements, ne pas oser aller voir la police, ne pas se promener dans la rue, ne pas répondre, ne pas ignorer, ne pas parler, ne pas inviter de gens chez soi, ne pas être chez soi avec un compagnon ou un ami. Ne pas vivre.

Alors ne nous y trompons pas. Créer des espaces plus sûrs, informer sur les moyens de reconnaitre une boisson altérée, apprendre à réagir quand on est témoin d’une agression ou comment aider une personne potentiellement en danger, c’est bien. Mais le problème ne sera réellement pris en charge que quand notre culture cessera enfin de considérer la femme et tout autre personne qui n’est pas un homme comme inférieures. Pour cela le système doit être changé. Un premier pas nécessaire est de faire en sorte que les victimes soient entendues et crues, et que les agresseurs subissent enfin les conséquences de leurs actes, jugés à la hauteur de leur atrocité.

 

[1] Correctement dosé et sans mélange avec l’alcool, le GHB peut avoir des effets désinhibants similaire à celui-ci. Contrairement à la façon donc il est généralement perçu, il peut être utiliser volontairement à des fins récréatives et ne provoque pas systématiquement somnolence et trous noirs.

[2] En Belgique, 75 000 faits de violences sexuelles sont commis tous les ans. Seuls 8000 de ces faits sont déclarés aux autorités et 900 aboutissent à une condamnation. En tout, seules 1,2% des violences sexuelles commises sont punies.
Source : Plainte, preuves, procès: que faire en tant que victime d’une agression sexuelle? Fanny Declercq et Laurence Wauters, Le Soir, 22 octobre 2021.

[TV Infor-Drogues] Entretien avec Modus Vivendi : que devient la fête?

Entretien Modus Vivendi, acteurs de la prévention en milieu festifEntretien avec les acteurs de la prévention en milieu festif.

Depuis le début de la crise sanitaire et des mesures mises en place pour tenter de la ralentir, le milieu festif est un des seuls à avoir été mis à l’arrêt en permanence. Un an pendant lequel les fêtes et la vie nocturne ne se sont arrêtées qu’en apparence et ont pris de nouvelles formes pour exister sans attirer l’attention des autorités. Un nouveau mode de fonctionnement qui pousse les usages de drogues liés à un contexte festif dans l’ombre.

Pour en discuter, nous recevons Matthieu Méan, coordinateur de l’équipe première ligne de Modus Vivendi, association active en réduction des risques liés à la consommation de drogues légales et illégales, avec une attention particulière aux pratiques liées à la fête. Nous avons parlé des évolutions dans les usages de drogues pendant le confinement, ainsi que des changements de comportements liés à la ratification des fêtes.

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En mille morceaux, une prévention relationnelle des consommations de psychotropes

En mille morceauxEn avril 2015, Nicolas Ancion et Infor-Drogues présentaient « En mille morceaux ». Un roman et un site internet destinés aux 15-17 ans. Aujourd’hui, ce projet se complète de pistes pédagogiques destinées aux enseignants du secondaire supérieur souhaitant travailler le roman dans leurs classes.

L’idée forte du projet est de confronter les adolescents à des personnages de fiction auxquels ils pourront s’identifier. À travers ces personnages, leurs parcours, leurs relations, leurs familles, leurs espoirs et leurs difficultés, le lecteur découvre comment chacun d’entre eux se débrouille : avec excès… ou pas. Le pari du livre est de faire découvrir les relations entre le personnage de fiction, son environnement et son comportement.

« Il nous semble particulièrement important de travailler la dimension éducative des consommations en faisant réfléchir à leur sens. Nous autres, humains, agissons bien souvent en fonction de nos relations c’est-à-dire de ce que nous voulons qu’ils pensent de nous, de la qualité des rapports que nous voulons avoir avec eux, etc. Dès lors, pour comprendre des comportements tels que la consommation de psychotropes (mot qui désigne les produits “qui donnent une direction à la pensée” c’est-à-dire les drogues légales et illégales), il nous faut réfléchir aux relations humaines » souligne Antoine Boucher, chargé du projet à Infor-Drogues.

Les pistes pédagogiques partent toutes du roman et des personnages de fiction pour que les élèves les utilisent sans devoir parler d’eux-mêmes. Parler et faire des liens leur procurera une connaissance ancrée dans la réalité, c’est-à-dire véritablement utile.

La brochure est diffusée gratuitement dans toutes les écoles secondaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pour obtenir la brochure physique, un renseignement ou un accompagnement, le service de prévention d’Infor-Drogues est joignable au 02 227 52 61.

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