Archive de l’étiquette drogues

Appel à soutenir l’ouverture de salles de consommation à moindres risques (SCMR) en Belgique

Logo OEDTIl s’agit de tenter, grâce à l’ouverture de ces salles, d’entrer en contact avec les consommateurs de drogues « à haut-risque » (en particulier ceux qui consomment par voie intraveineuse), et de résoudre certains problèmes (de santé, sociaux). Ces groupes, souvent marginalisés, voire totalement désinscrits, ont des besoins importants, notamment en soins de santé, qui ne sont pas souvent rencontrés par les autres services (médicaux et sociaux). Pour les communautés locales, ils posent des problèmes qui n’ont pas été résolus par d’autres actions de services aux consommateurs de drogues, de services sociaux ou de la police.

Infor-Drogues relaie cet appel qui peut être signé par des associations ou par des particuliers.

ParInfor-Drogues

Rapport 2011-2012 sur l’usage de drogues en Fédération Wallonie-Bruxelles

Eurotox

Eurotox publie son “Rapport sur l’usage de drogues en Fédération Wallonie-Bruxelles” 2011-2012, ainsi que la fiche de synthèse qui en reprend les résultats les plus marquants. Ce rapport comporte, comme c’est le cas de manière bisannuelle, un dossier sur un sujet particulier. Le sujet développé cette fois est celui des “salles d’injection supervisée”.

Ce dossier, en plus d’être inclus dans le rapport lui-même, a fait l’objet d’un “tiré à part”. Le rapport, la fiche de synthèse et le “tiré à part” sont téléchargeables sur le site web d’Eurotox.

ParInfor-Drogues

Drogues : inverser le système pénal, une idée fumeuse !

La tête à l'envers

Le gouvernement belge vient de décider de changer fondamentalement le système pénal mis en place en 1921 par la loi « anti-stupéfiants ». En effet, la Conférence interministérielle Drogues qui s’est réunie ce 15 mai 2012 a annoncé son projet [1] de passer du ‘tout autorisé sauf exception’, au ‘tout interdit sauf exception’.

Pour Infor-Drogues, cette nouvelle stratégie va impliquer des changements majeurs pour les citoyens. Par ailleurs, l’asbl se demande ce que cela va apporter comme efficacité en terme de santé publique, objectif pourtant prioritaire des politiques drogues.

 

 

En matière de drogues, depuis 1921, la Belgique pratique une stratégie d’interdiction qu’on pourrait appeler spécifique et ce comme nombre d’autres pays. En effet l’interdiction est limitée à certaines substances bien particulières, la structure moléculaire de chaque substance stupéfiante devant être décrite et mentionnée en tant que telle dans un arrêté royal. Dès lors, pour contourner la loi, les trafiquants fabriquent des substances ayant des molécules quasi similaires à celles qui sont interdites, ces nouvelles molécules présentant des propriétés très proches tout en étant légales. On retrouve ce type de course poursuite entre Etats et trafiquants dans le dopage. Un produit stupéfiant et/ou dopant n’est donc repéré, analysé, et finalement interdit que lorsqu’il est déjà utilisé depuis un certain temps. Comme pour le dopage, le gendarme est donc toujours en retard sur le trafiquant.

Face au nombre de plus en plus important de nouvelles substances stupéfiantes [2], le gouvernement belge veut changer radicalement de stratégie afin d’arrêter cette course contre les trafiquants. D’une politique du ‘tout est autorisé sauf exception mentionnée explicitement’, la loi interdirait d’office toutes les substances psychoactives (exception faite des boissons alcoolisées, du tabac, de certaines denrées alimentaires et des médicaments) [3]. Le principe serait donc d’interdire toute substance dès lors qu’elle est susceptible de produire des effets psychoactifs. Ainsi, les trafiquants auraient beau mettre sur le marché de nouvelles molécules, elles seraient interdites d’office au nom de leurs effets psychoactifs.

Le citoyen sera dès lors confronté à un interdit pénal très large puisqu’il vise de très nombreux produits, y compris des produits inconnus à l’heure actuelle. Cela amènera deux difficultés majeures. D’une part, l’effet n’est perçu qu’après la consommation du produit, donc après l’infraction (La Palice en aurait dit autant), ce qui constitue donc une insécurité juridique contraire au principe de légalité. D’autre part, comment reconnaître un effet psychotrope  ? Chaque produit ayant un effet différent, comment les regrouper ? Ainsi par exemple, toutes les tisanes calmantes devront-elles faire l’objet d’une autorisation ? Faudra-t-il atteindre un « seuil » d’effet psychoactif pour être autorisé et/ou pénalisé ? Si oui, comment le déterminer ?

Face à de telles questions et de telles incertitudes, Infor-Drogues plaide pour une grande prudence vis à vis d’un tel renversement pénal. Le principe du ‘tout est interdit sauf ce qui est explicitement autorisé’ n’a-t-il pas été abondamment utilisé par les dictatures du monde entier ? Imaginons ce type de réglementation qui régenterait notre vie en société : nous serions dans une société totalitaire.

De plus, au nom de quoi regroupe-t-on ces substances pour les interdire ? Si la raison invoquée est la santé publique, on se demandera très vite pourquoi le tabac et l’alcool ne sont pas interdits étant donné le nombre de décès qui leur est imputable, nombre incomparablement supérieur à toutes les drogues actuellement illégales réunies. Par ailleurs, l’objectif explicite du gouvernement étant de lutter contre les futures nouvelles drogues, il s’agit d’interdire des produits qui, soit ne sont pas encore sur le marché, soit qui n’existent même pas encore ! C’est à dire des substances dont a priori rien n’indique une toxicité ou une dangerosité telle qu’un interdit soit nécessaire.

Enfin, en terme d’efficacité, quel sera le résultat de cette nouvelle stratégie ? L’interdit a-t-il, depuis plus de 90 ans qu’il existe en Belgique, prouvé son efficacité ? Au contraire, les produits illégaux sont facilement disponibles. Avec cette nouvelle stratégie, l’Etat belge va devoir contrôler et vérifier un nombre encore bien plus important de substances… et avec quels moyens ?

Et de toute façon, les tendances de nouvelles consommations de drogues indiquent de plus en plus l’utilisation détournée de produits industriels et ménagers vendus un peu partout tels les colles, les solvants, les éthers, les essences et autres produits pétrochimiques. Ces produits sont, presque toujours, au moins aussi toxiques que les cannabinoïdes ou que les amphétamines synthétiques à l’origine de la nouvelle stratégie gouvernementale. Cette dernière n’aura pourtant aucun effet sur ces produits qui devraient demeurer légaux, notre société de consommation ne pouvant s’en passer…

En conclusion, même si la réaction politique à un phénomène aussi complexe que la consommation de drogues est un sujet sensible et extrêmement délicat, la Belgique a déjà montré sa capacité d’aborder de telles thématiques avec courage et lucidité. Les exemples de l’euthanasie et de l’interruption volontaire de grossesse en sont de bonnes preuves. Pourquoi ne serait-ce pas possible en matière de drogues ?

Infor-Drogues et autres signataires : Modus-Vivendi asbl, Prospective Jeunesse asbl


[1] Voir le communiqué de presse du 15 mai 2012 « La Conférence interministérielle Drogues intensifie la lutte contre les nouvelles drogues »
[2] La Conférence cite les chiffres de l’Eurobaromètre 2011 : 41 nouvelles substances en 2010, 49 en 2011, et 27 au cours du premier trimestre 2012.
[3] Communiqué de presse du 15 mai 2012.
[4] Le principe de légalité en droit pénal indique que le droit pénal ne peut pas réprimer un comportement sans que l’interdiction n’ait été préalablement et clairement établie par la loi.

ParInfor-Drogues

Rapport 2013 de l’OEDT sur l’état du phénomène de la drogue en Europe

Logo OEDTLa version en ligne de ce rapport 2013 est disponible sur le site de l’OEDT. Les profils nationaux (synthèse graphique des principaux aspects de la situation des drogues pour chacun des pays) peuvent être consultés.

Toutefois, comme le regrette un article du journal Le Soir, les chiffres concernant la Belgique, et singulièrement la partie francophone, sont fort lacunaires.

ParInfor-Drogues

Drogue « Krokodil » apparue en Russie.

CrocodilesDe nombreux articles de presse évoquent, de manière souvent dramatique, l’apparition de cette drogue en Russie ainsi que sa rapide expansion en Europe.

Selon certaines sources d’informations, ce produit serait même “aux portes de la Belgique”. Qu’en est-il selon Infor-Drogues ?

Sa composition

Le moins que l’on puisse dire est que la composition du ‘Krokodil’ varie. Selon les sources que nous avons pu consulter dans la presse et sur internet, cette drogue serait composée de codéine (substance assez facile à trouver en Russie car il s’agit d’un médicament vendu librement sans ordonnance), de solvants volatils (sans autre précision ou alors ‘diluant de peinture’) et d’essence. Parfois la presse évoque la présence de phosphore (le bout rouge des allumettes) et/ou d’héroïne. Il semble que la fabrication de ce produit est très artisanale et donc fort variable soit d’une région à l’autre soit d’un moment à l’autre.

Ce mélange peut donc ne comprendre aucune substance illégale.

Effets

Cette drogue serait vendue comme de l’héroïne ou comme substitut de l’héroïne beaucoup moins cher. Il semble que les effets de ce produit soient plus forts et moins longs que ceux de l’héroïne. Ce type d’effets incite les consommateurs à une utilisation plus fréquente. En terme de toxicité, la presse évoque des abcès, des gangrènes et une durée de vie des consommateurs réduite à quelques années. La presse évoque également les conditions de vie très dures de ces consommateurs qui sont parmi le plus pauvres des provinces orientales (Sibérie) de la fédération de Russie….

En Europe ? En Belgique ?

Plusieurs articles évoquent le fait que ce produit serait « aux portes de la Belgique » en Allemagne. Toujours est-il que l’Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies n’a pas, à notre connaissance, lancé d’alerte concernant ce produit. Des quelques cas signalés en Allemagne, l’observatoire allemand n’a pu apporter aucune confirmation qu’il s’agissait bel et bien de « Krokodil ». En Belgique, ni Eurotox (l’Observatoire de la Belgique francophone), ni Infor-Drogues, ni aucune autre autorité en la matière (police, douane, etc.), n’a confirmé la présence de ce produit dans notre pays.

En conclusion

Rien ne confirme donc que ce produit serait présent dans l’Union Européenne et a fortiori en Belgique. Rien n’indique non plus que des Belges deviendraient consommateurs d’un produit à ce point toxique. En effet, il convient de ne pas oublier que l’environnement est très différent, notamment en terme de pauvreté et de santé publique, entre la Russie et la Belgique. Outre sa disponibilité, ce sont les conditions de vie qui existent là-bas qui expliquent en grande partie la consommation de ce produit.

ParInfor-Drogues

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