Archive de l’étiquette alcool

La Belgique ? C’est de la bière

Jupiler - BelgiumIl y a bien longtemps que les publicitaires utilisent de puissants arguments identitaires pour vendre l’alcool. Notre petite vidéo L’alcool, c’est moi en propose un (très) bref tour d’horizon.

Aujourd’hui, la bière “que les hommes savent pourquoi et qui ligue le foot” se donne une nouvelle identité à peu de frais : elle s’accapare la Belgique. L’identité belge gratos.

Il parait que ce n’est que pour cinq mois, jusqu’à la fin de la coupe des marques de bière à laquelle l’équipe d’Inbev s’est qualifiée. Bien sûr, il s’agira de l’encourager, et pour nous aider à ne pas jouer petits bras, nous pourrons compter sur un matraquage publicitaire et médiatique de tous les instants…

Pour Infor-Drogues, l’alcool est un produit qui ne peut pas être laissé aux mains des publicitaires. Supprimer la publicité pour l’alcool serait un pas important vers une meilleure gestion de ces consommations.

ParInfor-Drogues

Tournée Minérale : c’est reparti pour un mois sans alcool !

bouteillesIl y a un an jour pour jour, plus de 120 000 Belges s’apprêtaient à passer un mois sans boire d’alcool. Forte de son premier succès, la Tournée Minérale, lancée par la Fondation Contre le Cancer (FCC), remet le couvert pour 28 jours. À quelques heures du lancement de la Tournée 2018, plus de 84 000 participants se sont déjà engagés à ne pas consommer une goutte d’alcool en février.

En proposant ce mois de sobriété, la FCC tente de sensibiliser le public à la lutte contre le cancer, dont 3 % à 10 % des cas seraient causés par l’alcool dans les pays développés[1]. Pourtant, les boissons alcoolisées restent largement bien perçues et même encouragées dans notre société. C’est pourquoi il semble important, aussi bien pour la FCC que pour Infor-Drogues, que chacun ait l’occasion de prendre du recul par rapport à sa consommation. En effet, même si cette dernière n’est pas problématique, le participant peut éprouver des difficultés à résister à une bière après un entraînement ou à du vin en rentrant du travail. Au bout d’un mois, en ayant eu le temps de porter une réflexion sur sa relation avec l’alcool, il sera peut-être plus facile d’en limiter la consommation.

C’est d’ailleurs un des résultats qui est ressorti d’une étude menée par l’Université de Gand en lien avec la Tournée Minérale 2017[2]. Menée en trois phases (avant la Tournée, juste à la fin et six mois après), elle révèle que huit participants sur dix ont pleinement rempli le défi et se sont totalement abstenus de boire pendant la durée de la campagne. Par ailleurs, un certain nombre d’entre eux dit avoir changé de comportement par rapport à l’alcool après avoir participé au défi. Un changement qui semble durer dans le temps, puisque l’étude montre que le nombre de verres consommé en moyenne par les répondants est passé de dix à huit par semaine. La plupart des participants disent aussi avoir plus facile à refuser un verre ou à se passer du « petit verre » automatiquement dégusté en fin de journée.

Selon Infor-Drogues, cette diminution de la consommation ne peut être que bénéfique. Il nous semble en effet important de marquer une pause dans son apport d’alcool au moins une fois par semaine. L’alcool a un effet sur de très nombreux organes, le corps a du coup besoin de ces périodes pour se reposer et se réhydrater[3]. verre poissonSans pour autant être prohibitionnistes, nous ne pouvons donc qu’approuver l’idée de s’en passer pendant un mois entier. Toujours d’après l’étude de l’UGent, 41 % des participants se sentent mieux dans leur peau et neuf personnes sur dix ont ressenti au moins un des effets bénéfiques liés à l’arrêt de l’ingestion d’alcool[4]. Les participants à la Tournée Minérale ont constaté qu’ils avaient plus d’énergie, un meilleur sommeil, perdu du poids, une plus belle peau ou fait des économies. Par ailleurs, une étude de l’University College London montre que l’arrêt d’alcool pendant un mois chez les sujets observés a fait chuter la tension artérielle, le taux de cholestérol, ainsi que les chances de développer du diabète ou une maladie du foie[5].

Mais, bien sûr, les effets ressentis lors de l’arrêt d’alcool pendant la Tournée Minérale varient fortement d’une personne à l’autre, en fonction de l’importance de la consommation qui est mise en pause. Une personne qui boit très rarement (un ou deux verres par mois) ne ressentira pas autant de changement que quelqu’un qui consomme une dizaine de verres par semaine. Pour les plus gros consommateurs, il se peut même que les premiers jours de la Tournée Minérale soient difficiles, puisqu’ils pourraient ressentir certains symptômes de manque[6]. Il semble important de préciser que Tournée Minérale ne cible pas les personnes ayant un problème de consommation d’alcool mais les invite plutôt à consulter un professionnel de la santé ou une association spécialisée (sans toutefois faire de liens vers certaines). Si cela peut paraître paradoxal au premier abord, ce conseil est en fait tout à fait sensé. Il semble en effet peu probable que quelqu’un ayant un problème de consommation puisse y remédier durablement en stoppant nette toute consommation, sans aide et sans conseil.

Bien qu’Infor-Drogues soit largement favorable au principe de Tournée Minérale, il semble que cette action soit très largement portée sur le fait que le produit – en l’occurrence l’alcool – est le problème. Or, selon nous, le problème dépasse le cadre du produit, et aider les personnes qui en font la demande passe par un processus beaucoup plus complexe que de pointer du doigt une substance, et beaucoup trop long pour être entièrement abordé en un mois. Il nous semble aussi important de se demander si, dans certains cas, l’arrêt de la boisson ne s’est pas fait au profit de l’adoption d’un comportement de substitution, comme éventuellement le grignotage ou la cigarette. Enfin, Infor-Drogues déplore l’organisation de ce qui semble être des « coups marketings » de la part de certaines marques ou entreprises, dont le partenariat avec la Tournée Minérale nous apparaît comme un simple moyen de surfer sur le succès de cette action, sans en endosser vraiment le principe et les valeurs.

Au final, Tournée Minérale est une initiative basée sur un principe intéressant et qui ne peut pas faire de mal. Bien au contraire, pour ceux qui font régulièrement des écarts, cette action a de grandes chances de faire du bien. Convivial et populaire, cet événement amène presque chacun, à sa manière, participant ou pas, à discuter de sa consommation d’alcool. De très nombreuses personnes vont tenter de relever un défi qui semble presque fou aujourd’hui, dans une société où l’alcool est omniprésent. Certains vont réussir, d’autres vont renoncer, ou céder à un moment de faiblesse avant de reprendre. Il est presque certain que la plupart auront plus ou moins repris leurs habitudes quand arrivera le mois de mars. Tout en souhaitant bonne chance aux candidats, Infor-Drogues espère qu’ils mettront cette parenthèse à profit pour faire en sorte que Tournée Minérale ne soit pas simplement un défi un peu farfelu, mais qu’il s’accompagne d’une véritable réflexion sur la place et l’importance de l’alcool dans leur vie, tout en accordant un peu de répit à leur foie.

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[1] Février sans alcool. Chiche ! / Laurence Dardenne. La Libre, 2017.

[2] Tournée Minérale a modifié durablement les comportements. Tournée Minérale, 2017.

[3] Un mois sans consommer d’alcool : effet de mode ou véritable bénéfice pour la santé ? / Anaïs Chabalier. Femme Actuelle, 2018.

[4] Tournée Minérale : déjà plus de 62.000 inscrits. Le Soir, 2017.

[5] Abstaining from alcohol for ‘dry January ‘ reduces liver damage and blood pressure, study finds / Serina Sandhu. The Independent, 2015.

[6] Un mois sans alcool : pas que des effets positifs / Olivia Lepropre. Le Vif, 2018.

ParInfor-Drogues

Du nouveau pour le groupe “Jeunes, alcool & société”

Le groupement d’associations “Jeunes, alcool & sociétéboutons alcool” propose désormais deux nouvelles options sur son site internet, sous la forme de boutons à droite de l’écran.

  • Le premier bouton permet de signaler au groupe une publicité ou une pratique commerciale liée à l’alcool qui semble poser problème. Il faut pour cela décliner son identité, puis expliquer sur quoi porte la publicité, où et quand elle a été vue et en quoi elle paraît choquante. Le rassemblement de ces informations permettra au groupement d’appuyer ses réclamations concernant la réglementation de la publicité et du marketing des boissons alcoolisées.
  • Le second bouton permet à des associations, groupements et fédérations de montrer leur soutien à une ou plusieurs des huit revendications fondatrices du groupe. Leur signature apparaît ensuite lorsque les réflexions correspondantes sont abordées par « Jeunes, alcool & société ».

Jeunes, alcool & société  a été créé en 2003 rassemble plusieurs associations – dont Infor-Drogues – actives dans le secteur de la jeunesse, de l’éducation, de la santé et des assuétudes. Le groupement promeut une consommation d’alcool responsable et prudente. Toujours très accepté et même encouragé dans notre société, l’alcool reste un sujet difficile à aborder alors que sa consommation peut comporter des risques.  Comme son nom l’indique, « Jeunes, alcool & société » veille particulièrement à rendre la relation entre les jeunes et l’alcool la plus saine possible. Il ne s’agit donc pas d’interdire mais bien d’éduquer et d’informer de manière adéquate les jeunes et leur entourage à la consommation d’alcool.

L’action du Groupe est fortement axée sur trois points [1] :

  • La publicité, qui se montre toujours aussi agressive et dont les limites se basent sur une convention privée largement insuffisante. Les boissons alcoolisées restent ainsi le seul psychotrope pour lequel il est autorisé de faire de la publicité. Une pratique que le groupe voudrait voir interdire par les autorités publiques.
  • La législation, trop méconnue et peu claire pour les consommateurs mais aussi pour les commerçants, qui ont du mal à la mettre en pratique. « Jeunes, alcool & société » propose donc de simplifier la lecture de la loi en associant aux limites d’âge des limites de degrés d’alcool permis, ainsi qu’en autorisant aux parents à servir de l’alcool à leurs enfants (ce qui est jusque maintenant interdit) dans le but de leur donner un rôle dans l’éducation des jeunes par rapport à leur consommation.
  • La prévention, qui ne dispose que d’une toute petite partie du budget « drogues » en Belgique, avec seulement 1,24 % des 975 millions d’euros mis à disposition par l’État en 2011. Elle est pourtant essentielle à la bonne compréhension de la législation.

Outre les deux nouveaux boutons, le site comporte de nombreux outils – textes ou vidéos  – pour aider à parler et réfléchir avec les jeunes à propos de l’alcool. On y trouve également des informations complètes sur la consommation d’alcool, la législation qui l’encadre, sa publicité et son marketing. Enfin, il est possible de consulter une longue liste de questions fréquemment posées et de lire les réponses qui leur sont apportées. Si vous souhaitez plus d’informations ou ne trouvez pas la réponse à vos propres interrogations, les pages de contact et de liens utiles vous donnent les coordonnées vous permettant de joindre certaines associations du groupe dont vous pouvez avoir besoin.

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[1]  Un vrai Plan d’action national alcool (PANA) sinon rien. Jeunes, alcool & société

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Alcool et cannabis : quelques pistes concernant les voyages scolaires

Voyages scolairesInfor-Drogues souhaite aider les acteurs éducatifs, dans le respect de leurs missions, à anticiper et à prévenir ce qui se passera lors des voyages scolaires. Les stratégies proposées dans la brochure se veulent réalistes car basées sur les hypothèses explicatives du comportement des élèves. Cela ne signifie pas un abandon d’autorité ou un prétendu laxisme face aux transgressions (extrait de l’introduction).

Télécharger la brochure

La brochure est également disponible en version papier en échange d’un timbre pour l’envoi.

 

Sommaire de la brochure
  • C’est quoi un voyage scolaire ?
  • Le voyage scolaire est-il source de stress ?
  • À quoi sert l’alcool ? Et le cannabis ? Ouvrons la discussion avec les élèves.
  • Existe-t-il des réglementations générales quant à la gestion de l’alcool et du cannabis ?
  • Que mettre dans le R.O.I. à propos de l’alcool, des drogues et des voyages scolaires ?
  • Conclusion
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[Communiqué de presse] Le plan alcool bloqué : déplorable

Le Groupe “Jeunes, alcool & société”, qui regroupe douze associations, déplore avec force le nouveau blocage survenu lundi dans l’adoption d’un Plan d’Action National Alcool (PANA).

Jeunes Alcool SociétéÀ l’instar de ce qui s’est passé en 2013, l’adoption d’un plan alcool vient de capoter, ajoutant un nouvel épisode à une saga déjà bien trop longue. Les associations belges du secteur de la Jeunesse, de la Santé et de l’Éducation déplorent avec force le nouveau blocage.

Faut-il rappeler que ces mesures sont recommandées depuis des années par les instances internationales, OMS en tête ? Combien de négociations faudra-t-il pour faire reconnaître qu’il n’est pas normal d’assaillir les plus jeunes avec des publicités vantant l’alcool ? Qu’il n’est pas cohérent de vendre de l’alcool dans des stations-service ? Ou encore que l’État investisse 70 fois plus dans la sécurité et la répression que dans la prévention ? Simples exemples parmi d’autres…

Il est indispensable qu’un plan national ambitieux et consistant se concrétise, mettant en priorité les intérêts de Santé publique, tout en tenant compte des arguments économiques. En effet, dans notre pays, la surconsommation d’alcool représente la troisième cause de morbidité et de mortalité précoce (la première chez les jeunes de 15 à 24 ans !) et coûte près de 5 milliards d’euros par an à charge de l’État !
Contrairement aux arguments avancés, l’objectif du plan n’est pas de pénaliser le consommateur mais bien d’accompagner une consommation responsable, particulièrement pour les jeunes.

Pour Anne-Sophie Poncelet du Groupe « Jeunes, alcool & société », « L’État est totalement incohérent. La législation est complexe et difficile à comprendre : comment peut-on à la fois interdire l’offre d’alcool aux mineurs tout en permettant aux alcooliers de matraquer ce public en les poussant à la surconsommation ? »

Nous exigeons donc, une nouvelle fois, que les responsables politiques prennent rapidement la mesure des enjeux afin de faire primer les intérêts des citoyens plutôt que des lobbies et de l’industrie brassicole.

Voir aussi l’article de la RTBF intitulé “Un vrai plan alcool, sinon rien!”, de Sophie Mergen.

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