GHB – GBL

Qu’est-ce que c’est ?

Le GHB (gammahydroxybutyrate) est à l’origine un anesthésiant utilisé en médecine pour ses qualités sédatives (calmant). Il a notamment été utilisé aux USA dans le traitement de l’alcoolisme.

Le GBL (gamma-butyrolactone), moins courant, est un produit chimique utilisé comme solvant-décapant. Il se transforme dans le corps, après absorption, principalement en GHB. C’est pourquoi on dit que le GBL un précurseur du GHB, et qu’ils ont les mêmes effets.

Malgré ses petits noms tels que « ecstasy liquide » ou « MDMA liquide », le GHB n’a aucune parenté chimique avec l’ecstasy : l’XTC est un stimulant alors que le GHB est un dépresseur (il ralentit le fonctionnement du corps).

Dépressant du système nerveux central (SNC), anesthésiant à double action : euphorisant et amnésiant.
Synthétisé par Laborit (1960).


Sous quelle forme sont-ils consommés ?

Le GHB se présente sous forme de liquide incolore et inodore, souvent vendu dans de petites fioles en plastique à dose unique d’une capacité de 30 ml (+/- 2,5g). La dose habituellement consommée est d’environ 1 gramme dilué dans une boisson (eau ou soda) pour atténuer son goût salé. On le trouve plus rarement sous forme de poudre blanche en capsules. Dans les deux cas, il est destiné à être dilué.

Le GBL est un liquide visqueux incolore. Etant très acide, la dose habituellement consommée (1ml) est diluée dans une quantité de boisson deux fois plus importante que pour le GHB.


Les effets

Les effets du GHB et du GBL sont identiques. De manière générale, leurs effets sont relativement proches de ceux de l’alcool. La différence se situe dans la grande difficulté du maniement des doses, d’autant que son contenu (concentration, produits de coupe, etc.) est une inconnue, comme tout produit vendu sur le marché noir.

Les effets recherchés sont euphorisants, relaxants et déshinibants. La montée débute 10 à 20 minutes après la prise, et dure entre 2 et 4h.

L’importance des effets varie d’une personne à l’autre. De plus, les effets sont différents selon le dosage. La limite est mince entre la dose « agréable » (1-2g de GHB) et la surdose (à partir de 5g). On estime qu’une dose de 2,5g est suffisante pour obtenir un effet sédatif puissant : le GHB est avant tout un anesthésiant !


Les risques

D’autres effets non recherchés peuvent se manifester :

  • Vertiges
  • Nausées
  • Difficultés respiratoires
  • Pertes de mémoire (« trou noir »)
  • pendant et/ou après la consommation
  • Diminution du contrôle verbal
  • Problèmes de coordination
  • Spasmes musculaires
  • Étourdissements
  • Endormissements

Ces effets sont rares pour une « dose normale » d’utilisation. Cependant, cette « dose normale » est proche de la dose toxique, qui entraîne un effet sédatif irrésistible voire au-delà, une perte de conscience, parfois le coma ou un arrêt respiratoire. Ces symptômes traduisent une overdose.

L’association du GHB-GBL avec de l’alcool, des calmants, des opiacés, potentialise les effets et donc les risques d’overdose


Que dit la loi belge ?

La détention et la vente de GHB sont passibles de sanctions pénales car il est considéré comme un stupéfiant (loi de 1921, révisée en 1975 et en 2003). Son usage est exclusivement autorisé dans le cadre médical (par ex. le traitement de la narcolepsie).

Le GBL est un produit légal. Néanmoins, le fait d’en proposer ou d’en vendre à quelqu’un en vue de sa consommation est passible de poursuites judiciaires (pour tentative d’empoisonnement ou autre motif).


Idées reçues

Surnommé « drogue du viol », le GHB a mauvaise réputation alors que les cas d’abus sexuel sous influence de GHB sont plutôt rares. Il est vrai qu’il peut être versé à l’insu d’une personne dans sa boisson pour profiter de son état d’ivresse et abuser d’elle. L’alcool reste néanmoins le premier produit psychotrope rapporté dans les cas d’agressions (consommation de la part de la victime et/ou de l’agresseur).


Quelques conseils de réduction des risques

  1. Être attentif au dosage. Mieux vaut commencer par une faible dose (une petite gorgée par ex.) et attendre l’arrivée des effets. Espacer les prises.
  2. S’entourer de personnes de confiance qui peuvent réagir en cas de malaise.
  3. Éviter les mélanges, surtout avec les produits calmants (risque d’overdose). LE mélange à éviter = GHB ou GBL + alcool (même une bière…) !
  4. Éviter de conduire ou toute autre activité qui demande de la concentration.
  5. Le GHB-GBL est un désinhibant : ne pas oublier d’utiliser préservatif et lubrifiant !
  6. Sans devenir parano, mais simplement prudent… Surveiller son verre, ne pas accepter pas une boisson qui n’est pas offerte au bar, et ne pas consommer une boisson dont on ne connaît pas la provenance et le contenu.
  7. Solidarité, solidarité : veiller sur tes amis !

Que faire en cas d’urgence ?

En cas de malaise : Si la personne est consciente, amenez-la au calme, rassurez-la, rappelez-lui qu’elle a consommé et que son malaise va s’arrêter, aérez-la, offrez-lui de l’eau. Veillez à ce qu’elle reste éveillée.

En intervenant rapidement vous pouvez sauver la vie de quelqu’un. Pensez-y !

La police n’accompagne le service d’urgence dans un lieu privé que si la personne est inconsciente (nécessité de réanimation, décès possible).

En cas de besoin :

Centre anti-poison : 070/245.245
SOS Médecins (à Bxl) : 02/513.02.02
Autres services de garde : 100

Vous pouvez également consulter notre brochure de réduction des risques dédiée au GHB – GBL