Notre définition des drogues

Le mot « drogue » désigne toute substance, naturelle ou synthétique, qui a un effet modificateur sur l’état de conscience et/ou l’activité mentale.

Le cannabis, la cocaïne, l’XTC, mais aussi l’alcool, le tabac, certains médicaments (antidépresseurs, tranquillisants, etc.), etc., correspondent à cette définition.

Il n’existe donc pas une drogue, mais des drogues, tant licites qu’illicites.

Les usages de drogues : une réalité complexe

La manière dont on parle des drogues n’est pas anodine : les discours majoritairement relayés les présentent de manière diabolisée. L’information privilégie la plupart du temps le sensationnalisme à un abord plus nuancé du phénomène. Deux grands discours sont très souvent mis en avant dans les médias et l’imaginaire collectif :

  1. Diabolisation : les drogues sont présentées comme un problème à éradiquer. Or, elles ont toujours existé et ont toujours fait partie de l’histoire humaine.
  2. Personnification : les drogues sont présentées comme les responsables des consommations. Or, d’autres facteurs entrent en jeu, comme le contexte, les motivations personnelles et individuelles, etc.

Ces discours ne prennent pas suffisamment en compte la complexité des usages de drogues. Ce phénomène ne peut être compris sans s’intéresser en premier lieu aux personnes qui consomment et aux contextes individuels et sociaux dans lesquels ces consommations prennent place.

L’usage, c’est donc la rencontre entre un produit (une ou plusieurs drogues), mais surtout une personne qui en use et un contexte (société, culture, lieu, moment, etc.). Chaque usage est donc particulier et sa compréhension demande à ce qu’on prenne en compte ces trois éléments.

Dangerosité

La dangerosité des drogues est elle aussi fréquemment mise en avant et n’est évidemment pas à oublier. L’un ou l’autre produit peut être dangereux indépendamment de son caractère licite ou illicite, la légalité des drogues dépendant plutôt de considérations culturelles et économiques. Cette dangerosité s’étale sur plusieurs aspects :

  1. Aspect sanitaire : certains modes de consommation (injection intraveineuse ou sniff par exemple) s’avèrent néfastes pour la santé. La consommation de certains produits peut également détériorer la santé physique (alimentation, hygiène) et mentale. De plus, les produits fabriqués clandestinement sont souvent non-contrôlés : leur qualité, leur dosage et leur composition sont alors inconnus pour la personne consommatrice.
  2. Aspect judiciaire : toutes les drogues ne sont pas illégales (tabac, alcool) mais certaines le sont et peuvent entraîner des poursuites judiciaires, allant d’amendes à peines de prison. Cette illégalité pousse parfois des consommateur·trices dépendant·es à commettre des actes considérés comme des délits pour assurer leur consommation.
  3. Aspect social et relationnel : en cas d’usage problématique ou dépendant, les relations affectives et sociales peuvent également se détériorer.

L’escalade

Une idée qui persiste est celle de l’escalade. Il s’agit de la croyance qu’un usage régulier d’un produit dit doux amènerait la recherche de sensations « plus fortes » et donc le recours à des produits plus « durs ». Cette hypothèse ne se vérifie ni dans la réalité, ni dans les expériences scientifiques réalisées. La grande majorité des usager·ères de cannabis par exemple n’expérimentent jamais l’héroïne et ne deviennent pas héroïnomanes.

Il est également important de mentionner qu’il est possible de consommer une drogue de façon récréative sans tomber systématiquement dans la dépendance. Il existe donc une pluralité d’usages : usage occasionnel, récréatif, modéré, problématique (lors de la conduite de véhicule, pendant le temps professionnel ou scolaire, etc.) ou dépendant.