Conseils de réduction des risques – Médicaments

Mélanges : effets et risques

Médicaments psychoactifs + …

+ alcool : Dangereux, voire mortel, ce mélange multiplie les risques de coma et d’overdose.

+ cannabis : Combinaison moins dangereuse que les autres, mais qui peut entraîner des troubles du comportement et un état de confusion mentale. Chez les uns, il atténue le stress; chez les autres, il accentue des réactions “paranos”.

+ amphétamines / speed : Ces stimulants sont souvent consommés soit pour neutraliser les effets dépresseurs (calmants) des médicaments psychoactifs, soit pour alterner effets stimulants et effets calmants. Attention: ce mélange peut masquer les signes qui annoncent l’overdose.

+ cocaïne : Certains usagers prennent des médicaments psychoactifs pour faciliter la descente de cocaïne, ou plus rarement pour contrer les effets négatifs de la montée. Les risques de surdose sont importants.

+ héroïne : Associés dans le but d’une sensation d’euphorie, ce mélange est dangereux car il perturbe fortement la respiration. Le risque est le même pour la méthadone.

+ XTC : Utilisés en descente d’XTC, les médicaments psychoactifs ont tendance à neutraliser l’effet stimulant de l’ecstasy.

+ médicaments psychoactifs : L’association de différents médicaments psychoactifs peut entraîner des effets et des troubles très variés, difficiles à déterminer et souvent dangereux. Par exemple, le mélange de certains antidépresseurs entre eux peut entraîner des arrêts cardiaques.


 12 conseils de réduction des risques

Rappel: les médicaments actifs sur le mental peuvent induire des effets différents, voire opposés, en fonction de chaque individu et du contexte de consommation.

  1. Préférez les médicaments emballés sur lesquels figurent le nom et la date de péremption. Lisez, si elle existe, la notice d’usage.
  2. Mieux vaut commencer par une petite quantité (par ex., 1/2 comprimé) pour évaluer votre réaction et la puissance du médicament. Laissez au médicament le temps de faire son effet avant d’en reprendre: cela limite le risque d’overdose. Une consommation modérée en quantité et en fréquence aide à limiter les risques de dépendance.
  3. Évitez de mélanger ou de consommer, dans un laps de temps court, différents médicaments ou produits (spécialement l’alcool). Le mélange de ces substances peut provoquer des effets inattendus, voire dangereux.
  4. Laissez de côté les activités exigeant de la concentration (ex: conduite automobile, utilisation de machines) car, comme l’alcool, certaines médicaments altèrent le jugement, la coordination, les réflexes et peuvent induire le sommeil.
  5. Somnolence, envie de dormir… On s’allume une cigarette et on s’endort. Bon nombre d’incendies ont démarré ainsi. Évitez de fumer au lit après la prise de médicaments.
    Ne consommez pas seul ou parmi des gens que vous ne connaissez pas. La consommation de médicaments peut entraîner des complications respiratoires, un coma, ou simplement une baisse de la vigilance.
  6. Injection: Évitez d’injecter des médicaments. Si néanmoins vous le faites: lavez-vous les mains et limitez la manipulation des comprimés avec les doigts. Évitez tout contact avec la bouche ou la salive afin de limiter les accidents infectieux. Pensez à désinfecter au préalable le point d’injection. Utilisez de l’eau stérile pour dissoudre ou diluer les comprimés et filtrer plusieurs fois la préparation.
  7. Ne partagez pas l’ensemble du matériel d’injection (seringue, cuillère, coton, filtre, eau) ou de sniff (pailles, billets…) afin d’éviter les risques de transmission des hépatites et du sida.
  8. En cas de problèmes de foie, de rein ou de cœur, évitez de consommer des médicaments psychoactifs. Si vous souffrez d’épilepsie ou de maladies rares, la consomma (risques de fortes convulsions).
  9. Rangez vos médicaments hors de portée des enfants, par ex., dans une armoire haute fermée à clé. Pour les flacons, demandez au pharmacien un bouchon de sécurité.
  10. La consommation de médicaments psychotropes peut masquer temporairement des problèmes sans pour autant les résoudre. Dans ce cas, une aide psycho-médico-sociale peut vous aider. Reportez-vous en fin de brochure.
  11. Si vous souhaitez arrêter de consommer, faites-le progressive-ment, principalement pour les benzodiazépines et les barbituriques : réduisez la quantité à raison de 10 à 20 % par semaine. Un suivi médical peut vous aider à mieux vivre cette étape… et à moindre risque!
  12. Ne jetez pas vos médicaments à la poubelle ou dans les toilettes, car ils peuvent nuire à l’environnement. Mieux vaut les déposer dans une pharmacie, un centre médical ou une clinique.

En cas de grossesse et d’allaitement.

Si vous êtes enceinte et prenez des médicaments (quels qu’ils soient), consultez rapidement votre médecin ou un centre spécialisé. Suivant le type de médicaments consommés, différents types de sevrage existent. Certains médicaments nécessitent un sevrage progressif. Le bébé peut souffrir de manque si sa mère en souffre elle-même. Lors de l’allaitement, il y a également des risques pour le bébé car les médicaments passent dans le lait maternel. Mieux vaut arrêter d’allaiter et passer au biberon si vous avez repris votre consommation.

Pour toutes questions relatives à la grossesse, contactez les centres spécialisés suivants:

– Hôpital St Pierre, rue Haute 322, 1000 Bruxelles – Tél: 02/535.36.66 (Service gynécologie, “grossesses à risque”).
– Centre Alfa, rue St Denis 4, 4000 Liège – Tel: 04/223 53 28 (Service Parentalité).


Que faire en cas d’urgence?

En cas de malaise ou d’intoxication suite à la prise de médicaments, n’hésitez pas à demander conseil aux médecins du Centre Antipoison: 070/245 245.

En cas de dépression respiratoire, il faut agir vite:

La dépression respiratoire se traduit par les signes suivants:

  • La personne somnole
  • Sa respiration se fait plus lente et moins profonde
  • Ses muscles sont complètement relâchés
  • La personne dort profondément, elle ne se réveille pas
  • Si elle se réveille, elle se rendort aussitôt

Comment intervenir

  1. Essayez de réveiller la personne, parlez-lui, tapez dans vos mains à hauteur de ses yeux, criez, défaites ses vêtements, aérez la pièce.
  2. Appelez les secours en formant le n°100 (services médicaux d’urgence – appel gratuit)
  3. Précisez si la personne est consciente ou inconsciente, si elle respire ou non, si son coeur bat ou non.
  4. Donnez l’adresse exacte (rue, n°, étage).

Dans un premier temps, l’état de la personne et l’adresse sont les seules informations nécessaires.

En attendant les secours:

  • Essayez de connaître le nom exact des produits ingérés et les circonstances de l’intoxication: la quantité ingérée, les mélanges avec d’autres produits, les symptômes divers, le moment de la prise de médicaments, etc.
  • Faites régulièrement boire de l’eau à la personne : cela n’a aucun effet sur l’élimination du produit, mais permet de contrôler son état de conscience.
  • Ne donnez pas de lait : le lait n’est pas un antidote.
  • Ne faites pas vomir sans avis médical, car ce n’est pas toujours indiqué et peut être dangereux.

En intervenant rapidement vous pouvez sauver la vie de quelqu’un. Pensez-y !

Une brochure d’information sur l’overdose existe: “Comment éviter l’overdose“, disponible à Infor-Drogues au 02/227.52.52.

Si vous voulez parler de drogue, aider un ami, faire le point sur votre consommation… Si vous souhaitez recevoir d’autres brochures dans la même série(LSD-champignons, XTC, cannabis, speed-amphétamines, cocaïne, héroïne, alcool, …), appelez-nous : 02/227.52.52

Vous pouvez également consulter notre brochure de réduction des risques dédiée aux médicaments

 

 

Avertissement

 [ Vous tentez d’accéder à des conseils de réduction des risques ]


Savez-vous où vous mettez les pieds ?

Les conseils de réduction des risques s’adressent spécifiquement à un public d’usagers de drogues, qu’il s’agisse d’usagers “avérés”, polytoxicomanes, ou de consommateurs réguliers ou occasionnels.

Ils peuvent également être donnés à des proches de consommateurs (parents, amis, …) pour autant que ces personnes soient au clair quant à la démarche de réduction des risques.

En outre, ces conseils s’adressent indirectement aux professionnels de la santé et du social ayant des contacts avec des usagers de drogues.