Conseils de réduction des risques – Héroïne

10 façons de réduire les risques

  1. Pour éviter la surdose, commencez par une petite dose pour tester votre tolérance au produit, en particulier lorsque vous changez de dealer ou lorsque vous consommez pour la première fois ou après un arrêt (séjour en hôpital, fin de cure, séjour en prison, …).
  2. Les mélanges de produits sont dangereux, y compris les drogues légales telles que médicaments et alcool.
  3. Si vous êtes sous traitement à la méthadone, sachez que la méthadone est mortelle à partir de 10 mg pour un enfant et à partir de 30 mg pour quelqu’un qui n’a jamais consommé. Cela dépend notamment du poids de la personne. Rangez toujours vos médicaments hors de portée des enfants.
  4. Ne partagez pas vos pailles afin d’éviter tout risque de transmission des hépatites.
  5. En cas d’injection, ne partagez pas l’ensemble du matériel d’injection (seringue, cuillère, coton, filtre, eau) afin d’éviter les risques de transmission du sida et des hépatites. Ne laissez pas vos seringues à la portée de tous. Ne les jetez pas: ramenez-les aux comptoirs d’échange de seringues où vous pourrez aussi vous réapprovisionner gratuitement. Afin de diminuer les risques d’overdoses, injectez toujours lentement. Commencez par injecter une petite quantité, faites un break afin de la tester.
  6. En cas de grossesse, l’héroïne passe au travers du placenta et du lait maternel. L’héroïne n’entraîne pas de malformations ni de lésions du foetus. Par contre, il peut souffrir de manque, lorsque sa mère en souffre elle-même. Les épisodes répétés de manque risque d’entraîner une fausse-couche ou un accouchement prématuré. Il est donc conseillé de démarrer un traitement de substitution (sevrage progressif pendant la grossesse ou traitement de maintenance) et de ne pas se sevrer de manière brutale lorsqu’on est enceinte. A la naissance, le bébé devra être sevré. Il s’agit d’une technique que l’on maîtrise bien actuellement et qui ne provoque pas de conséquences négatives à long terme.
  7. L’héroïne modifie le désir sexuel: tantôt elle l’augmente, tantôt elle le diminue. Elle retarde, voire empêche, l’éjaculation et peut entraîner une sécheresse vaginale. Dans tous les cas, pensez à vous munir d’un préservatif et à utiliser un lubrifiant à base d’eau.
  8. Après une prise d’héroïne, somnolence et envie de dormir peuvent survenir. Abstenez-vous de conduire ou d’entreprendre une activité qui demande de la concentration ou qui risque de vous mettre ou de mettre autrui en danger.
  9. La consommation chronique d’héroïne peut entraîner un manque d’hygiène. Pour limiter les problèmes dentaires (abcès, caries, détérioration de l’émail, …), brossez-vous les dents avec du dentifrice au bicarbonate de soude et consultez régulièrement un dentiste.
  10. Mangez régulièrement des aliments variés et riches en vitamines (légumes, fruits).

Que faire en cas d’urgence ?

Si la personne pique du nez et qu’elle a les pupilles en tête d’épingle, restez à proximité.
Une overdose pourrait survenir. Vérifiez de temps en temps sa capacité de réaction.

Si les signes suivants apparaissent, intervenez sans tarder :

  • La respiration se fait plus lente et moins profonde
  • Les muscles sont complètement relâchés
  • La personne dort profondément, elle ne se réveille pas.
  • Si elle se réveille, elle se rendort aussitôt.
  • La peau blanchit / pâlit tandis que les lèvres et les extrémités des doigts bleuissent

Comment intervenir ?

  • Essayez de réveiller la victime, appelez, criez, défaites ses vêtements, aérez la pièce.
  • Appelez les secours en formant le n° 100 ou le n°112 (services médicaux d’urgence – appel gratuit).
  • Décrivez la personne comme suit: consciente / inconsciente – respire / ne respire plus – son coeur bat / son coeur ne bat pas
  • Donnez l’adresse exacte (rue, n°, étage).
  • L’état de la personne et le lieu de l’accident sont les seules informations nécessaires!
  • Une fois le personnel médical sur place, signalez-lui les produits consommés: il est tenu au secret professionnel.
  • Accompagnez si possible la personne à l’hopital et évitez qu’elle ne signe une décharge (sortie de l’hopital exigée par le patient)

En intervenant rapidement vous pouvez sauver la vie de quelqu’un. Pensez-y !

La police n’accompagne le service d’urgence dans un lieu privé que si la personne est inconsciente (nécessité de réanimation, décès possible).

En cas de besoin :
Centre anti-poison : 070/245.245
SOS Médecins (à Bxl) : 02/513.02.02
Autres services de garde : 100


Les mélanges

De façon générale, les mélanges augmentent les risques. Le résultat exact de tel ou tel mélange est imprévisible du fait de la composition incertaine des produits illégaux.

Héroïne + méthadone:
La méthadone, comme l’héroïne, est un opiacé. En cas de prise occasionnelle d’héroïne en cours de traitement, la méthadone peut réduire le risque d’overdose. Par contre, si elles sont consommées en même temps, l’usager risque d’être insatisfait des effets de l’héroïne et le risque d’overdose augmente. Si vous consommez de l’héroïne, ne consommez pas votre méthadone en même temps. Pour rappel, la méthadone a une durée d’action de 24h.

Héroïne + benzodiazépines:

1. Rohypnol
Ce mélange peut être pratiqué avant la prise d’héroïne pour augmenter les effets de la montée ou, en descente, pour prolonger les effets de l’héroïne tout en diminuant les aspects négatifs de la descente. Ce mélange augmente les risques de coma et de difficultés respiratoires.

2. Autres (ex. : Lexotan)
De manière générale, ce mélange augmente les risques de coma et de difficultés respiratoires.

Héroïne + barbituriques (ex: Vesparax):
Un des mélanges les plus dangereux. 2 à 3 comprimés entraînent un risque important de surdose!

Héroïne + cocaïne:
Le Speed-ball est la prise simultanée de ces deux produits. L’effet stimulant de la cocaïne diminue le risque d’arrêt respiratoire. Ce type de mélange, fort apprécié des usagers, comporte des risques accrus d’overdose. En effet, la durée d’action de la cocaïne étant beaucoup plus brève que celle de l’héroïne, un arrêt respiratoire peut survenir quand l’effet de la cocaïne prend fin..

Héroïne + amphétamines:
L’action stimulante des amphétamines agit dans un sens opposé à celle de l’héroïne. L’effet stimulant des amphétamines diminue le risque d’arrêt respiratoire.

Héroîne + alcool:
A petite dose, l’alcool atténue les effets de l’héroïne, d’où le risque d’augmenter les doses. A forte dose, l’alcool aura tendance à accentuer l’effet sédatif de l’héroïne. Risque accru de surdose dans les deux cas.

Héroïne + cannabis (et dérivés):
Combinaison moins dangereuse que les autres. Chez les uns, il atténue le stress de la descente; chez les autres, il accentue les réactions paranoïdes.

Donc, héroïne + dépresseurs du système nerveux central => risque accru d’overdose

Vous pouvez également consulter notre brochure de réduction des risques dédiée à l’héroïne

 

Avertissement

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Savez-vous où vous mettez les pieds ?

Les conseils de réduction des risques s’adressent spécifiquement à un public d’usagers de drogues, qu’il s’agisse d’usagers “avérés”, polytoxicomanes, ou de consommateurs réguliers ou occasionnels.

Ils peuvent également être donnés à des proches de consommateurs (parents, amis, …) pour autant que ces personnes soient au clair quant à la démarche de réduction des risques.

En outre, ces conseils s’adressent indirectement aux professionnels de la santé et du social ayant des contacts avec des usagers de drogues.