Conseils de réduction des risques – Alcool

Qui ?

Rappel : Chacun réagit différemment à l’alcool selon son sexe, sa corpulence, son état de santé physique et mental, sa tolérance et le contexte. Ce qui suit devra donc être personnalisé.

L’organisme des jeunes, des enfants et des personnes qui n’ont pas/plus l’habitude de consommer est plus vulnérable face à l’alcool. Certaines personnes ont par ailleurs un organisme qui ne tolère pas du tout l’alcool. Ces dernières peuvent, avec de très petites quantités, avoir des réactions démesurées voire de folie (ivresse pathologique).

Il existe des situations particulières où il vaut mieux ne pas boire d’alcool du tout :

  • pendant l’enfance et la pré-adolescence,
  • pendant la grossesse et l’allaitement,
  • quand on exerce des activités qui demandent de la vigilance, des gestes précis ou des réflexes rapides,
  • en mélange avec certains médicaments et/ou drogues,
  • en cas de réactions anormales à l’alcool où une seule prise peut avoir de graves conséquences.

Quoi ?

Il n’y a pas de risque pour la santé si vous ne dépassez pas :

  • En cas de consommation régulière, 2 verres standards/jour pour une femme et 3 verres standards/jour pour un homme.
  • En cas de consommation occasionnelle, 4 verres standards.

Toutefois, la réaction du corps à l’alcool est fortement modifiée s’il y a, avant, pendant ou après prise de drogues ou de médicaments. Dans ces cas de figure, les chiffres précités ne sont plus significatifs.

Comment ?

Réduire les risques pour soi

a. Avant

Si vous envisagez de boire à l’extérieur de chez vous, il est conseillé de :

  • Se fixer une limite, en quantité et en argent.
  • Prévoir un Bob, prendre les transports en commun ou faire appel à un taxi.
  • Se faire raccompagner si vous êtes à pied.

b. Pendant

Lorsque vous consommez, il est conseillé de :

  • Boire lentement.
  • Manger car cela diminue l’importance des effets soudains de l’alcool.
  • Alterner les boissons alcoolisées et les “softs” (eau, coca, jus de fruits, etc.); cela permet d’éviter la déshydratation et une cuite rapide.
  • En cas de mélange alcool-drogues et/ou médicaments, être attentifs aux réactions qui se déclenchent en vous: certains mélanges sont imprévisibles, voire dangereux.
  • Sauf si vous êtes sûrs de votre fournisseur, évitez les alcools faits maison. Certains contiennent du méthanol qui peut rendre aveugle.
  • Un état d’ébriété entraîne parfois une baisse de vigilance. N’oubliez pas vos préservatifs.
  • Ne pensez pas que l’alcool résoudra vos problèmes. De manière générale, il aggrave la dépression.

c. Après

Suite à votre consommation d’alcool :

  • Seul le temps permet de faire baisser le taux d’alcoolémie : comptez plus de 1 h. par verre standard absorbé pour ramener votre taux d’alcoolémie à zéro.
  • Après une soirée arrosée, il est conseillé de boire de l’eau plutôt que du café qui prolonge l’état d’ivresse (le foie élimine d’abord le café, puis l’alcool).
  • Le lendemain de la veille, ne soignez pas votre « gueule de bois » en reprenant de l’alcool (risque accru de dépendance): reposez-vous, buvez de l’eau, du potage, des jus de fruits et prenez un repas équilibré, riche en vitamines. Laissez passer du temps avant de boire à nouveau.
  • De temps en temps, passez quelques jours sans boire pour laisser votre corps se reposer.

Réduire les risques pour les autres

Il est conseillé de :
  • Ne pas laisser une personne ivre dans le froid. Par exemple, ne laissez pas quelqu’un s’endormir ivre dans une voiture en plein hiver ou se plonger trop rapidement dans de l’eau glacée. Cette hypothermie peut être mortelle. Gardez la personne ivre au chaud et à l’intérieur.
  • Ne jamais pousser quelqu’un à boire s’il ne le souhaite pas ou plus.
  • Ne pas coucher une personne ivre qui risque d’être malade. Aidez la plutôt à vomir vers l’avant pour éviter les risques d’étouffement.
  • Ne pas laisser seule une personne ivre.

En cas de consommation régulière

Si vous buvez régulièrement, il est conseillé de prendre des suppléments de vitamines B et C pour compenser les carences dues à l’alcool. Cet apport vitaminé augmente la résistance aux infections de l’organisme affaibli (C), aide le foie à faire face à sa surcharge de travail (B6) et nourrit le système nerveux périphérique (B12).

Pour connaître votre degré de liberté par rapport à l’alcool, posez-vous les questions suivantes :

  • Est-ce que je peux passer quelques jours sans alcool ?
  • Est-ce que je suis bien quand je ne bois pas ?
  • Est-ce que je recherche toutes les occasions de boire ?
  • Est-ce que j’ai envie d’alcool quand les autres ne boivent pas ?
  • Combien de verres ai-je bu aujourd’hui ?

Notre site Stop ou encore vous offre d’évaluer votre rapport à l’alcool.

Si vous ne vous sentez plus tout à fait libre par rapport à votre consommation et que vous voulez y remédier, n’hésitez pas à faire appel à un service d’aide ou à votre médecin. Ils sont là pour ça.

Que faire en cas d’urgence ?

  • En cas de malaise, si la personne est consciente, amenez-la au calme, rassurez-la, aérez-la, offrez-lui de l’eau.
  • Si la personne est inconsciente, appelez d’urgence les secours : formez le n°112 (service médical d’urgence – appel gratuit).
    • Décrivez la personne comme suit : est-elle consciente ou inconsciente, respire-t-elle ou non, son cœur bat-il ou non. Donnez l’adresse exacte (rue, n°, étage).
      L’état de la personne et le lieu de l’accident sont les deux seules informations nécessaires. Une fois le personnel médical sur place, signalez-lui les produits consommés ; il est tenu au secret professionnel.
  • En intervenant rapidement, vous pouvez lui éviter des problèmes graves, peut-être même lui sauver la vie. Pensez-y !
 Si vous voulez parler d’alcool ou de drogue, aider un ami ou faire le point sur votre consommation, contactez la permanence téléphonique au 02/227 52 52.

Mélanges / Association de l’alcool avec d’autres substances: effets et risques

L’association alcool – médicaments et/ou drogues augmente toujours les risques. Certaines combinaisons sont cependant plus dangereuses que d’autres.

  • Alcool + Tranquillisants ou Somnifères de type benzodiazépines (Valium, Témesta, Lexotan, Xanax, Loramet…) : ce mélange entraîne une somnolence plus importante avec risque accru d’arrêt respiratoire. L’effet des benzos peut rendre plus ivre et plus vite.
  • Alcool + Rohypnol : mélange dangereux pouvant entraîner des réactions incontrôlées, explosions d’agressivité ou de violence, actes suicidaires… avec perte du souvenir de ce qu’on a fait (amnésie).
  • Alcool + autres médicaments : la prise d’alcool associée à celle de médicaments peut entraîner des effets désagréables et parfois dangereux. Demandez conseil à votre médecin.
  • Alcool + Stimulants (caféine (smart drinks), amphétamines, speed, xtc, cocaïne) : ce mélange accentue les risques de déshydratation et peut contribuer à une surchauffe de l’organisme, en particulier si la consommation se fait dans un lieu festif surchauffé et confiné. L’alcool diminue la perception des crampes musculaires qui annoncent le “coup de chaleur”. Celui-ci peut s’accompagner d’un accident cardiaque ou d’un épuisement, parfois mortel. Par ailleurs, la sensation d’ivresse peut être masquée par l’effet des stimulants. De ce fait, l’usager peut avoir tendance à boire davantage. L’ivresse survient ensuite brutalement quand les effets du stimulant diminuent. Si elle est excessive, cette combinaison augmente les risques d’overdose, d’infarctus (crise cardiaque) et de problèmes hépatiques (foie).
  • Alcool + Héroïne et Opiacés en général : à petite dose, l’alcool atténue l’effet euphorisant de l’héroïne. À fortes doses, il accentue l’effet endormant de l’héroïne et le risque de surdose, surtout s’il y a consommation conjointe de médicaments (benzodiazépines, Rohypnol, …).
  • Alcool + Cannabis : ce mélange peu dangereux peut pourtant provoquer selon la personne des effets imprévus, parfois désagréables (anxiété, panique, nausées, vomissements…). À plus fortes doses, il entraîne la somnolence, voire l’endormissement.
  • Alcool + drogues psychédéliques (LSD, champi, psilo.) : il peut être difficile de contrôler sa consommation d’alcool sous l’effet d’un produit qui modifie fortement les perceptions. L’alcool peut aussi augmenter les risques de bad trip, d’accidents par imprudence, etc.
  • Alcool + autres drogues de synthèse (G.H.B., kétamine,…) : le mélange de ces anesthésiques avec de l’alcool est particulièrement dangereux, car il augmente fortement le risque de ralentissement respiratoire.

Vous pouvez également consulter notre brochure de réduction des risques dédiée à l’alcool

 

Avertissement

 [ Vous tentez d’accéder à des conseils de réduction des risques ]


Savez-vous où vous mettez les pieds ?

Les conseils de réduction des risques s’adressent spécifiquement à un public d’usagers de drogues, qu’il s’agisse d’usagers “avérés”, polytoxicomanes, ou de consommateurs réguliers ou occasionnels.

Ils peuvent également être donnés à des proches de consommateurs (parents, amis, …) pour autant que ces personnes soient au clair quant à la démarche de réduction des risques.

En outre, ces conseils s’adressent indirectement aux professionnels de la santé et du social ayant des contacts avec des usagers de drogues.